Bonjour à tous. Après vous avoir fait un point où l’on doutait du déroulement de la bataille de Gaugamèle, je me suis dit que ça se prêtait bien à une approche expérimentale avec un wargame. Je vous propose donc cette bataille avec deux joueurs et un arbitre. Au niveau des règles, c’est assez complexe, on ne va pas rentrer dans le détail, je vous mettrai le manuel en description si ça vous intéresse, mais dans l’idée, on a un avantage quand on charge : les phalanges sont des troupes avec un front beaucoup plus serré, elles peuvent donc frapper à plusieurs sur la même unité, ce qui leur donne encore une fois un avantage en mêlée.

Mais ce n’est pas facile de les amener au contact. Il faut aussi savoir que chaque tour fonctionne avec un système de commandement. Pour vous le résumer : chaque camp a trois généraux, chaque général peut donner des ordres à des brigades. Si un général rate un ordre, il ne peut plus donner d’ordres jusqu’à la fin du tour, et si une brigade rate un ordre, elle ne peut plus recevoir d’ordres jusqu’à la fin du tour.
Cela crée une certaine nécessité de prioriser les ordres que l’on donne dans son tour. Voilà, je vous laisse profiter de la vidéo, je vous retrouve à la fin pour une analyse. Aujourd’hui, pour tester la bataille de Gaugamèle, nous avons Valentin qui jouera les Perses, ainsi que Théo qui jouera les Macédoniens. Antoine, pour sa part, fera l’arbitre et gérera les conditions des règles.
Pour cette partie, nous avons décidé de mettre un paravent au milieu du terrain pour donner la possibilité à chacun des joueurs de faire son propre déploiement et d’essayer de surprendre l’adversaire. Vous remarquerez que nous avons ajouté quelques éléments de terrain pour que la bataille ne soit pas une pure reproduction de Gaugamèle, mais plus un test général de la capacité des Macédoniens à renverser un rapport de force qui leur serait désavantageux. Du côté perse, beaucoup de troupes, et surtout une cavalerie en surnombre écrasant leur infanterie. Celle-ci est assez légère, mais ils ont quelques hoplites grecs qui vont pouvoir servir de colonne vertébrale pour tenir l’ensemble de l’infanterie.
Du côté macédonien, une cavalerie lourde, les Compagnons d’Alexandre, particulièrement efficace, et bien entendu la phalange, une masse d’hommes capable d’écraser de manière continue comme un rouleau compresseur, mais difficile à manœuvrer. On notera également que les Macédoniens n’ont pas énormément d’hoplites, ce qui leur retire une certaine capacité manœuvrière sur les ailes. Maintenant, pour les déploiements : les Perses ont décidé de masser toute leur cavalerie sur une aile, leur droite, tandis que le reste du front est assez étendu. Notez également un char à faux sur la gauche.
Côté macédonien, le déploiement est assez profond, très compact, et on remarque que les hoplites et la cavalerie sont gardés en arrière afin de servir de réserve. L’objectif principal du documentaire est de trouver un moyen de déstabiliser la phalange macédonienne. Valentin, le joueur perse, explique : « Réellement, je n’ai aucune idée de par où commencer. Je me dis que je pourrais avancer frontalement pour ensuite reculer et entraîner derrière moi la phalange, quitte à disloquer un peu mon armée.
C’est pour ça que je les répartis sur un front assez large. Je n’ai aucun plan, donc il est hors de question que j’aille de front contre la phalange. C’est pour cette raison qu’il était absolument nécessaire que je fasse une aile forte de cavalerie, pour simplement avoir l’avantage sur cette zone-là. J’ai fait un pari qui était de mettre une masse sur le côté, en espérant que ce soit le côté où il mettrait sa cavalerie.
Ce n’est pas le cas. Une fois que le centre avance, pendant que les unités qui n’arrivent pas à avancer restent sur le côté, et je défends tout. »
Théo, le joueur macédonien, précise : « Mon plan, si on peut dire ça comme ça, correspondant au déploiement, va être d’avancer un maximum avec tout mon dispositif pour l’attirer vers moi. » Le tour est assez lent, notamment du fait de la difficulté de déplacer les troupes avec un système de commandement difficile.
Nous avons décidé de résumer l’ensemble de ces premiers tours en vous montrant les mouvements généraux. Les Perses ont décidé d’avancer. Valentin explique : « L’idée, ça va être, au moment où je vais devoir passer à l’offensive, puisque c’est lui qui va attaquer, de recevoir la charge d’Alexandre avec un maximum de force, en particulier avec ma cavalerie, qui, je l’espère, sera encore toute fraîche. » Finalement, la bataille se solde par une victoire normale pour les Macédoniens, comme à Gaugamèle.
Je pourrai communiquer avec vous sur Twitter, Facebook, et finir par une vidéo finale de synthèse, et pourquoi pas quelques parties pour montrer le résultat. N’hésitez pas à répondre dans les commentaires.


