Des archéologues de l’Université de l’Oregon ont fait une découverte incroyable : un site d’occupation humaine vieux de 16 000 ans dans le sud de l’Oregon. Cette révélation remet en question tout ce que nous pensions savoir sur l’arrivée des premiers habitants en Amérique, un récit qui pourrait changer à jamais notre compréhension de l’histoire humaine.

Loren Davis, un archéologue qui a commencé ses fouilles en 1997 à Cooper’s Ferry, en Idaho, a défié les idées reçues. Pendant des décennies, le consensus scientifique affirmait que les premiers humains avaient atteint le continent il y a environ 13 000 ans. Mais les découvertes de Davis ont révélé des outils et des vestiges qui datent de 15 300 à 16 560 ans avant notre époque, bien antérieurs à la date établie.
Le site de Cooper’s Ferry, situé sur une terrasse surplombant la rivière Salmon, a été fouillé dans les années 1960, mais les techniques de l’époque n’ont pas permis de déterminer l’âge des artefacts avec précision. Davis et son équipe ont utilisé des méthodes modernes de datation au radiocarbone pour examiner soigneusement chaque couche de terre, révélant une histoire humaine bien plus ancienne que prévu.
La vallée de la rivière Salmon, riche en ressources, a été un lieu de campement pour des générations. Les couches de présence humaine s’accumulent comme les pages d’un livre, et ce que l’équipe a découvert au fond de ce livre a stupéfié les chercheurs. Les dates trouvées à Cooper’s Ferry remettent en question le modèle dominant de l’archéologie nord-américaine, connu sous le nom de “Clovis First”, qui soutenait que les humains étaient arrivés sur le continent il y a environ 13 000 ans.

Cette théorie, qui a dominé la recherche pendant des décennies, repose sur des outils en pierre trouvés à Clovis, au Nouveau-Mexique. Mais si les découvertes de Davis sont exactes, cela signifie que des populations humaines ont pu arriver en Amérique bien avant cette période, ce qui soulève de nombreuses questions sur les migrations humaines et les interactions avec les mégafaunes disparues.
Les résultats de Davis, publiés dans la revue Science en 2019, ont été confirmés par des études ultérieures. Des sites comme Monte Verde au Chili, qui datait de 14 500 ans, et d’autres découvertes à travers les États-Unis, montrent que les humains étaient présents sur le continent bien avant l’époque de Clovis. Les outils découverts à Cooper’s Ferry appartiennent à une tradition technologique différente, suggérant des vagues migratoires distinctes.

La théorie de la “route côtière” propose que les premiers Américains ont suivi la côte pacifique, profitant de ressources maritimes abondantes, plutôt que de traverser un corridor terrestre. Cela pourrait expliquer comment des populations ont atteint des régions comme Cooper’s Ferry des milliers d’années avant que les glaciers ne se retirent.
En 2021, des empreintes humaines découvertes à White Sands, au Nouveau-Mexique, ont révélé que des humains étaient présents dans la région il y a entre 21 000 et 23 000 ans, encore plus tôt que les découvertes de Cooper’s Ferry. Ces résultats renforcent l’idée que les premiers habitants de l’Amérique ont emprunté des routes que l’archéologie traditionnelle n’avait pas envisagées.

Les traditions orales des peuples autochtones, comme les Nimiipuu, qui habitent la région depuis des millénaires, confirment l’existence d’une présence humaine continue. Leur histoire, transmise de génération en génération, se révèle maintenant en accord avec les découvertes archéologiques modernes.
La découverte de Cooper’s Ferry est bien plus qu’un simple fait historique ; elle ouvre la porte à une réévaluation complète de l’histoire humaine en Amérique. Si les premiers habitants étaient là bien avant Clovis, que d’autres mystères historiques pourraient-ils encore nous révéler ?

