Elle fuyait les hommes en noir sur les falaises de Malte… jusqu’à ce que le pire d’entre eux lui tende la main

Elle fuyait les hommes en noir sur les falaises de Malte… jusqu’à ce que le pire d’entre eux lui tende la main

Le vent hurlait au-dessus de la mer Méditerranée.

Elle fuit un mafieux et saute d'une falaise, mais il la rattrape : Moi ou la mort

La falaise semblait vouloir avaler tout ce qui osait s’en approcher. Sous les pieds d’Isabella Conte, les pierres glissaient à chaque pas, poussées par le sable et l’humidité du matin. Sa robe était déchirée au niveau de la jambe. Ses cheveux, autrefois parfaitement coiffés, étaient maintenant collés à son visage par la sueur et les embruns.

Elle courait.

Elle ne savait plus depuis combien de temps.

Une minute.

Dix minutes.

Une éternité.

La seule chose qu’elle savait, c’était qu’elle ne devait pas s’arrêter.

Derrière elle, les moteurs des voitures noires se rapprochaient.

Le bruit des pneus sur le chemin de pierre résonnait encore dans sa tête.

Ils étaient venus pour elle.

Les hommes d’Eros Svino.

Ou peut-être ceux de quelqu’un d’autre.

À ce stade, Isabella ne savait plus qui voulait sa mort et qui voulait simplement la capturer.

Elle savait seulement une chose : si ces hommes la rattrapaient, sa vie ne lui appartiendrait plus jamais.

Elle serra les dents et continua d’avancer.

Le chemin devant elle devenait de plus en plus étroit.

À droite, la paroi rocheuse.

À gauche…

Le vide.

La mer frappait les falaises plusieurs dizaines de mètres plus bas.

Chaque vague semblait lui rappeler ce qui l’attendait si elle faisait un seul faux mouvement.

— Continue… murmura-t-elle pour elle-même.

Sa respiration était devenue douloureuse.

Ses poumons brûlaient.

Ses jambes tremblaient.

Mais elle avançait.

Parce qu’elle avait appris depuis son enfance qu’une Conte ne devait jamais montrer sa peur.

Même lorsqu’elle était terrifiée.

Même lorsqu’elle était seule.

Même lorsqu’elle savait que personne ne viendrait la sauver.

Un cri retentit derrière elle.

— Elle est là !

Le sang d’Isabella se glaça.

Ils l’avaient vue.

Elle accéléra.

Encore quelques mètres.

Seulement quelques mètres.

Puis son pied rencontra une pierre instable.

Tout se passa en une fraction de seconde.

La roche céda.

Sa cheville se tordit.

Son corps bascula vers l’avant.

Elle tenta de s’accrocher.

Ses doigts cherchèrent désespérément quelque chose.

Une branche.

Une pierre.

N’importe quoi.

Mais il n’y avait rien.

Pendant un instant terrible, Isabella sentit son corps quitter le sol.

Le vent frappa son visage.

La mer se rapprocha.

Et elle comprit qu’elle allait tomber.

Puis une main attrapa son poignet.

Une main ferme.

Puissante.

Implacable.

La chute s’arrêta brutalement.

Un cri s’échappa de ses lèvres.

Son autre main agrippa instinctivement le bras de celui qui venait de la retenir.

Elle ne voyait que le vide sous ses pieds.

Puis elle sentit une force incroyable la tirer vers l’arrière.

Son corps heurta un torse solide.

Un bras se referma autour de sa taille.

Elle resta bloquée contre lui.

Impossible de bouger.

Impossible de fuir.

Pendant quelques secondes, Isabella oublia même les hommes qui la poursuivaient.

Parce qu’elle venait de passer d’un danger à un autre.

Elle leva lentement les yeux.

Et rencontra un regard bleu sombre.

Froid.

Profond.

Dangereusement calme.

L’homme devant elle semblait ne rien craindre.

Ni la falaise.

Ni les armes.

Ni la mort.

Ses cheveux noirs étaient légèrement désordonnés par le vent. Son visage était marqué par une assurance presque arrogante. Il avait cette présence particulière des hommes habitués à contrôler chaque situation.

Un léger sourire apparut au coin de ses lèvres.

— Vous avez une étrange façon de chercher une sortie.

Isabella respirait difficilement.

— Lâchez-moi.

Son sourire s’élargit légèrement.

— Il y a quelques secondes, vous vouliez tomber dans la mer. Maintenant vous voulez que je vous laisse partir ?

Elle tenta de se dégager.

Son bras autour d’elle se resserra juste assez pour l’empêcher de tomber.

— Qui êtes-vous ?

L’homme inclina légèrement la tête.

— C’est une question intéressante venant d’une femme qui court sur une falaise poursuivie par mes hommes.

Le cœur d’Isabella manqua un battement.

Mes hommes.

Elle comprit.

L’homme devant elle n’était pas un sauveur.

Il était la raison pour laquelle elle courait.

Eros Svino.

L’homme dont tout Malte connaissait le nom.

Un homme entouré de rumeurs.

Certains disaient qu’il possédait des entreprises dans plusieurs pays.

D’autres murmuraient qu’il contrôlait des réseaux que personne n’osait nommer.

Mais tous étaient d’accord sur une chose.

Eros Svino était un homme qu’il ne fallait jamais provoquer.

— Vous êtes Eros…

Il la fixa avec attention.

— Vous connaissez mon nom.

Isabella détourna le regard.

Erreur.

Elle venait d’en dire trop.

Mais Eros l’avait déjà remarqué.

Il remarquait tout.

Avant qu’il puisse poser une autre question, des voix retentirent au loin.

— Monsieur Svino !

Un homme en costume noir apparut sur le chemin.

— Nous avons trouvé la femme.

Eros ne quitta pas Isabella des yeux.

— Oui.

Son regard descendit vers ses vêtements déchirés, ses mains tremblantes, son visage pâle.

Puis il demanda :

— Anita Vella ?

Isabella resta silencieuse.

Anita.

La gouvernante de la famille Conte.

La femme qui avait été comme une mère pour elle.

Eros pensait qu’elle était Anita.

Elle comprit immédiatement.

Et cette erreur pouvait devenir sa seule chance.

— Oui, répondit-elle doucement.

Le mensonge sortit avant même qu’elle puisse réfléchir.

Eros observa son visage.

Comme s’il cherchait une fissure.

Une hésitation.

Une contradiction.

Mais Isabella avait passé toute sa vie à cacher des choses.

Elle savait mentir.

Elle savait survivre.

— Vous êtes donc celle qui connaît la maison Conte.

Elle hocha la tête.

— Oui.

Un homme arriva derrière Eros.

— Monsieur, la véritable Anita Vella a été retrouvée. Elle est avec nos hommes.

Le cœur d’Isabella s’arrêta.

Anita.

Ils l’avaient capturée.

Eros vit immédiatement son changement d’expression.

— Vous semblez inquiète.

Elle baissa les yeux.

— Elle travaille pour mon père depuis longtemps.

— Donc vous tenez à elle.

Isabella ne répondit pas.

Eros sourit légèrement.

— Intéressant.

Il se tourna vers ses hommes.

— Ramenez-la.

Puis il regarda Isabella.

— Vous venez avec moi.

Elle recula.

— Je préfère mourir ici.

— Non.

Sa voix était calme.

Trop calme.

— Vous préférez vivre.

Il s’approcha.

— Et pour vivre, vous allez devoir apprendre une chose.

— Laquelle ?

Ses yeux bleus rencontrèrent les siens.

— Avec moi, personne ne fuit.


Quelques heures plus tôt, Isabella était encore dans la propriété familiale des Conte.

La villa dominait la côte maltaise depuis plusieurs générations.

Un endroit magnifique vu de l’extérieur.

Mais pour Isabella, cette maison avait toujours ressemblé davantage à une prison élégante.

Son père, Vet Conte, avait construit sa vie autour du contrôle.

Contrôler ses affaires.

Contrôler ses employés.

Contrôler sa famille.

Surtout sa fille.

Depuis son enfance, Isabella avait vécu protégée du monde extérieur.

Écoles privées.

Voyages surveillés.

Gardes permanents.

Son père appelait cela de la protection.

Elle appelait cela une cage.

La seule personne qui lui avait donné un sentiment de liberté était Anita Vella.

La gouvernante connaissait Isabella depuis sa naissance.

Elle savait quand elle mentait.

Elle savait quand elle avait peur.

Elle savait quand elle souriait simplement pour cacher une blessure.

Ce matin-là, Isabella avait été réveillée avant l’aube.

Anita était entrée dans sa chambre avec un visage qu’elle n’avait jamais vu auparavant.

De la peur.

— Isabella, vous devez partir.

Elle s’était redressée.

— Qu’est-ce qui se passe ?

Anita avait fermé la porte.

— Votre père est attaqué.

Le silence était devenu lourd.

— Par qui ?

Anita hésita.

— Eros Svino.

Ce nom suffisait.

Même Isabella, qui avait passé une partie de sa vie loin des affaires de son père, connaissait ce nom.

— Où est mon père ?

— Il a quitté la propriété en hélicoptère.

Elle fronça les sourcils.

— Il m’abandonne ?

Anita ne répondit pas.

Cette absence de réponse était pire qu’un oui.

— Il m’a demandé de vous conduire au port.

— Pour aller où ?

— En Sicile.

Puis les premières explosions avaient retenti.

Pas assez fortes pour détruire la maison.

Juste assez pour faire comprendre que quelqu’un voulait entrer.

Anita avait attrapé sa main.

— Nous devons partir maintenant.

Les minutes suivantes avaient été un chaos.

Des voitures noires avaient bloqué les routes.

Des hommes armés étaient apparus dans les jardins.

Anita avait conduit Isabella par un ancien chemin que seuls les employés de longue date connaissaient.

— Prenez ça.

Elle lui avait donné une petite chaîne avec une bague.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Votre dernier recours.

Isabella avait regardé l’objet.

Une bague familiale.

— Pourquoi me donner ça ?

Anita avait eu les larmes aux yeux.

— Parce que votre père vous a caché beaucoup de choses.

Avant qu’Isabella puisse demander quoi, elles avaient entendu les voitures.

Anita avait arrêté le véhicule.

— Vous devez continuer seule.

— Non.

— Isabella.

La gouvernante avait posé ses mains sur son visage.

— Pour une fois dans votre vie, vous devez choisir de survivre.

Puis elle l’avait poussée vers le sentier.

Et Isabella avait couru.

Jusqu’à cette falaise.

Jusqu’à Eros.


Maintenant, assise dans le véhicule noir qui la ramenait vers la villa Conte, Isabella observait l’homme à côté d’elle.

Eros était silencieux.

Mais son silence n’était pas vide.

C’était un silence qui analysait.

Chaque mouvement.

Chaque respiration.

Chaque regard.

— Pourquoi me gardez-vous ? demanda-t-elle finalement.

Il tourna les yeux vers elle.

— Parce que vous connaissez cette maison.

— C’est tout ?

— Pour l’instant.

Elle serra les poings.

— Anita n’a rien à voir avec ça.

— Vous semblez beaucoup vous inquiéter pour elle.

— Elle mérite mieux que d’être utilisée comme monnaie d’échange.

Un sourire presque invisible apparut sur le visage d’Eros.

— Vous parlez comme quelqu’un qui connaît très bien cette situation.

Isabella resta silencieuse.

La voiture continua vers la villa.

Sa propre maison.

Mais maintenant occupée par son ennemi.

Lorsqu’elle descendit du véhicule, les grandes portes en bois s’ouvrirent.

L’intérieur avait changé.

Les portraits de sa famille étaient toujours accrochés aux murs.

Les meubles étaient toujours là.

Mais l’atmosphère n’était plus la même.

Cette maison appartenait maintenant à Eros Svino.

Il entra derrière elle.

— Bienvenue chez vous.

Elle le fixa.

— Ce n’est pas chez moi.

Il s’approcha légèrement.

— C’est étrange.

— Quoi ?

— Une femme qui connaît chaque couloir, chaque pièce et chaque secret d’une maison prétend ne pas lui appartenir.

Isabella sentit son cœur accélérer.

Parce qu’il venait de dire quelque chose qu’il n’aurait pas dû savoir.

Eros sourit.

— Faites attention, Anita.

Son regard resta fixé sur elle.

— Les mensonges deviennent dangereux lorsqu’on les raconte à quelqu’un qui sait écouter.

Et pour la première fois depuis le début de sa fuite…

Isabella comprit qu’elle n’était peut-être pas seulement prisonnière d’Eros.

Elle était aussi prisonnière du secret qu’elle tentait désespérément de protéger.

Car tôt ou tard…

Eros Svino découvrirait qui elle était vraiment.