Le silence qui suivit la phrase d’Arnaud de Saintclair parut s’éterniser. Elodie leva les yeux, non pas avec la gêne qu’il espérait, mais avec un calme qui le déstabilisa. Elle lui répondit dans un anglais parfait, sans la moindre hésitation, corrigeant chaque faute qu’il avait volontairement commise. Autour d’eux, les conversations s’étouffèrent.

Arnaud tenta de rire, cherchant à reprendre l’avantage, mais elle enchaîna en lui demandant, toujours poliment, s’il préférait qu’elle s’exprime dans une autre langue pour son confort. Sa compagne détourna le regard. Les tables voisines observaient la scène. Arnaud, pâle, commanda son plat d’un ton sec, puis se tut.
Elodie nota la commande, sans un mot de plus, et s’éloigna. Elle savait que cette victoire silencieuse ne resterait pas sans suite. Le reste du service, il ne la quitta pas des yeux. Une heure plus tard, le directeur du restaurant s’approcha d’elle et lui demanda de le rejoindre en cuisine.
Chaque table racontait l’incident. Chacun attendait la suite.


