« Avant qu’il ne soit trop tard, je dois révéler la vérité » — Zahi Hawass brise le silence sur ce qui se cacherait sous le Sphinx 🐫📜

Le plus célèbre archéologue d’Égypte a attendu toute sa vie pour prononcer ces mots. Aujourd’hui, à l’approche de la fin, Zahi Hawass affirme que le temps presse. La vérité sur le Sphinx, dit-il, est bien plus troublante que tout ce que nous avons imaginé.
Depuis plus de quarante ans, celui qui fut ministre des Antiquités égyptiennes a consacré son existence à percer les secrets du plateau de Gizeh. Il a dirigé des fouilles majeures, ouvert des tunnels, analysé des carottes de forage. Pourtant, il admet aujourd’hui que les découvertes récentes dépassent tout ce qu’il avait anticipé.
Des structures massives ont été détectées sous la Grande Pyramide, s’étendant sur plusieurs kilomètres. Hawass, dont la crédibilité scientifique a toujours reposé sur une rigueur sans faille, évoque désormais une possibilité qui aurait été jugée hérétique il y a seulement quelques années.


L’homme qui a passé sa carrière à débunker les théories pseudo-scientifiques change de ton. Sa conviction profonde, forgée par des décennies d’évidences accumulées, le mène vers une conclusion radicale qui remet en question l’histoire officielle de l’Égypte antique.
Le Sphinx de Gizeh, cette créature colossale au corps de lion et au visage humain, pourrait être bien plus ancien que les pyramides elles-mêmes. Hawass évoque une date qui fait frémir tout le monde académique : aux alentours de dix mille ans avant Jésus-Christ.
Cette déclaration représente un séisme dans le monde de l’égyptologie. Pendant des générations, les chercheurs ont attribué la construction du Sphinx à Khéphren, pharaon de la IVe dynastie, vers 2500 avant notre ère. Hawass ose aujourd’hui défier cette chronologie établie.
Les légendes anciennes parlaient de chambres secrètes, de bibliothèques perdues, de cités englouties sous les sables. Les Grecs, les Romains, les Arabes médiévaux, tous ont tissé des récits autour de cette statue énigmatique qui veille sur le désert depuis des millénaires.
Le Sphinx, taillé directement dans la roche calcaire du plateau, n’a jamais livré tous ses secrets. Contrairement aux pyramides construites bloc par bloc, il a été sculpté à même le sol, ses formes émergeant de la pierre vivante dans un geste de création dont nous mesurons encore mal l’ampleur.
Les premières traces historiques de cette région remontent à l’Ancien Empire, période où les pharaons ont érigé leurs monuments funéraires. Mais Hawass suggère que le Sphinx pourrait être un vestige d’une époque bien antérieure, un témoin muet d’une civilisation qui nous échappe encore.
L’érosion observée sur les murs de l’enceinte du Sphinx a longtemps alimenté les débats. Certains géologues ont évoqué des précipitations massives pour expliquer ces marques, ce qui impliquerait une construction antérieure à l’assèchement du climat égyptien, il y a plus de dix millénaires.
Le célèbre géologue Robert Schoch a défendu cette théorie avec vigueur, affirmant que seules des pluies torrentielles prolongées pouvaient produire ces rainures verticales. Ses collègues ont répondu par des études climatologiques détaillées, mais Hawass admet que la question mérite d’être rouverte.


Les tunnels découverts sous le Sphinx ne mènent apparemment nulle part. Hawass lui-même en a exploré plusieurs, ceux qui partent de la queue, ceux qui s’enfoncent sous la poitrine, ces passages étroits qui se terminent en impasses rocheuses ou qui semblent avoir été creusés par des pilleurs de tombes.
Pourtant, les données issues du forage et de l’imagerie souterraine révèlent quelque chose d’inattendu. Certains signaux indiquent des anomalies que les instruments ne parviennent pas encore à expliquer de manière satisfaisante. Les carottes prélevées montrent un calcaire massif, mais les études par radar à pénétration de sol suggèrent des irrégularités.
En 1978, Hawass a nettoyé un puits situé au nord de l’enceinte, un conduit carré d’à peine un mètre et demi de côté qui descend à deux mètres de profondeur. Ce passage, baptisé plus tard le puits de la serrure par Mark Lehner, semble avoir été commencé comme une sépulture, puis abandonné.
La fascination pour les secrets du Sphinx n’a jamais faibli depuis l’Antiquité. Les Égyptiens du Nouvel Empire le vénéraient comme Horus de l’horizon, une manifestation divine du soleil levant. Le pharaon Thoutmôsis IV a laissé la célèbre stèle du rêve, racontant comment le Sphinx lui était apparu en songe.
Les Grecs lui ont donné le nom que nous utilisons aujourd’hui, inspirés par leur propre mythologie. Leurs sphinx, créatures ailées à tête de femme et au corps de lion, n’avaient pourtant rien à voir avec cette statue égyptienne, représentation d’un roi divinisé veillant sur son royaume.
Au fil des siècles, les visiteurs ont attribué au Sphinx des pouvoirs magiques. Les Sabéens de Harran y voyaient la tombe de l’ancien sage Hermès Trismégiste. Les écrivains arabes en firent un gardien mystique du Nil, dont dépendait la crue annuelle du fleuve.
Chaque époque a projeté ses croyances sur la pierre.
Napoléon a longtemps été accusé d’avoir détruit le nez du Sphinx, une légende tenace mais fausse. Des dessins de 1737 montrent déjà la statue mutilée, bien avant l’expédition française. Des marques d’outils indiquent que le nez a été arraché délibérément, à coups de ciseau ou de barre.
La tradition attribue cette mutilation à un soufi du XIVe siècle, Mohammed Saïm al-Dahr, furieux de voir des paysans déposer des offrandes devant la statue. Le visage du Sphinx était peint de couleurs vives, des traces de rouge subsistent encore sur les joues et la bouche, évoquant un passé éclatant.
La barbe cérémonielle qui ornait autrefois le menton du Sphinx a été retrouvée en fragments, brisée par le temps et les destructions humaines. La tête, sculptée dans une couche de calcaire plus résistant, a mieux survécu que le corps, taillé dans une roche plus tendre exposée aux vents et au sable.
Richard Lepsius, Auguste Mariette, Gaston Maspero, Flinders Petrie, tous les grands noms de l’égyptologie ont proposé leurs théories sur l’origine du Sphinx. Certains le voyaient comme bien antérieur aux pyramides, d’autres comme une œuvre de la IVe dynastie, contemporaine des grands monuments funéraires.
La stèle dite de l’inventaire, découverte au XIXe siècle, a semé la confusion en affirmant que Khéops avait trouvé le Sphinx déjà enfoui dans le sable. Les chercheurs ont finalement compris que ce texte était une reconstruction tardive, créée des siècles après les faits pour glorifier un temple local.

Exploring the Gilded World of Pharaohs, Mummies, Pyramids and 'the  Afterlife that Built Egypt': Famed Egyptologist Zahi Hawass shares secrets  from the sand | | azdailysun.com
Hawass a toujours défendu la chronologie traditionnelle, celle qui relie le Sphinx à Khéphren. Son acharnement à dénoncer les théories pseudo-scientifiques lui a valu le respect du monde académique. Sa position actuelle est donc d’autant plus frappante qu’elle semble remettre en cause ses propres certitudes.
En 1883, Flinders Petrie fut parmi les premiers à lier le Sphinx à Khéphren, en se fondant sur l’étude des temples adjacents. En 2004, Vassil Dobrev proposa une hypothèse différente, attribuant la statue à Djédefrê, autre fils de Khéops, mais la communauté scientifique resta sceptique, exigeant des preuves supplémentaires.
Les récits d’Edgar Cayce, le médium américain qui promit la découverte d’une salle des archives de l’Atlantide sous le Sphinx, ont nourri l’imaginaire collectif. Sa prédiction pour 1998 ne s’est pas réalisée, mais elle a inspiré des décennies de recherches informelles et de documentaires sensationnalistes.
Millions de visiteurs continuent d’affluer chaque année sur le plateau de Gizeh. Ils contemplent ce visage usé par cinq mille ans de vent, de sable et d’histoire, et ils ressentent, comme leurs prédécesseurs depuis l’Antiquité, que ce monument dépasse la simple architecture.
Les technologies modernes ont pourtant des limites. L’imagerie radar et sonar ne peut pénétrer que certaines profondeurs dans le calcaire. Des anomalies demeurent inexpliquées, des signaux qui ne correspondent ni à des cavités naturelles ni à des structures connues.
Hawass insiste : nous n’avons pas encore fini d’explorer.
La théorie de la corrélation d’Orion, popularisée par certains auteurs, situe la construction du Sphinx vers 10500 avant notre ère, en lien avec la constellation du Lion. Les égyptologues l’ont rejetée, mais Hawass évoque précisément cette période quand il parle de ruines prédynastiques.
Les origines du Sphinx pourraient donc remonter à une époque où l’Égypte n’avait pas encore de pharaons, où les premières communautés agricoles s’établissaient le long du Nil. Une telle découverte bouleverserait notre compréhension de la naissance de la civilisation égyptienne.
Le plateau de Gizeh a connu des occupations successives pendant des millénaires. Chaque civilisation a laissé sa marque, des temples antiques aux restaurations modernes. Le Sphinx, lui, a survécu à toutes ces transformations, témoignage immuable d’un passé que nous ne parvenons pas entièrement à déchiffrer.
Hawass révèle que des études récentes par techniques de prospection géophysique ont été menées dans le cadre de protocoles scientifiques stricts. Des équipes internationales ont croisé leurs données, utilisant plusieurs méthodes complémentaires pour tenter de percer les mystères du sous-sol.
Les résultats préliminaires indiquent la présence d’anomalies que les chercheurs peinent à interpréter. Rien de comparable à une salle des archives mythique, mais suffisamment intrigant pour justifier une exploration approfondie.
L’érosion du corps du Sphinx a toujours posé question. Le calcaire doré de la statue montre des traces de dégradation inégales, impossible à expliquer par la seule action du vent et du sable. Les géologues continuent de débattre de l’origine de ces marques, certains y voyant la preuve d’une grande ancienneté.
La tête du Sphinx, proportionnellement plus petite que son corps, intrigue également les spécialistes. Certains y voient la preuve d’une modification tardive, la tête d’un roi ayant été sculptée sur un corps qui existait déjà. Hawass a souvent rejeté cette théorie, mais il reconnaît aujourd’hui qu’elle mérite d’être réexaminée.
Les recherches de Hawass ont montré que le Sphinx n’est pas une statue isolée mais le centre d’un vaste complexe religieux. Son temple, son enceinte, ses alignements avec les pyramides forment un ensemble soigneusement planifié, dont nous ne percevons qu’une partie de la signification originale.
Le rêve de Thoutmôsis IV raconte comment le futur pharaon, épuisé par une chasse dans le désert, s’endormit à l’ombre du Sphinx. Le monument lui apparut dans son sommeil et lui promit la royauté s’il le dégageait du sable qui l’ensevelissait. La stèle érigée pour commémorer cette vision demeure un document clé.
Les explorateurs modernes ont ouvert des tunnels à la recherche de trésors imaginaires. Pering, un ingénieur du XIXe siècle, a taillé des passages dans la pierre, laissant des cicatrices sur le corps du monument. Hawass a exploré ces conduits, constatant qu’ils mènent tous vers de la roche solide.
Le plateau de Gizeh réserve encore indéniablement des secrets. Les découvertes archéologiques continuent d’y être faites, certaines par hasard, d’autres à la faveur de fouilles systématiques. La nécropole qui entoure les pyramides semble inépuisable, livrant régulièrement de nouvelles tombes et de nouveaux artefacts.
Les anciens Égyptiens eux-mêmes ne savaient plus exactement qui avait créé le Sphinx. Les textes de l’Ancien Empire n’en parlent pas, suggérant qu’il ne jouissait pas encore d’une importance cultuelle majeure. C’est seulement au Nouvel Empire qu’il devint véritablement un lieu de culte solaire.
L’impact médiatique des déclarations de Hawass est considérable. Après des années passées à combattre les spéculations, l’archéologue embrasse désormais une position qui pourrait sembler contradictoire à certains. Il insiste cependant sur la distinction entre ce qui est prouvé et ce qui demeure une hypothèse de travail.
Le professeur s’exprime avec retenue mais avec une conviction palpable. Il choisit ses mots avec une précision chirurgicale, refusant les grandes déclarations spectaculaires au profit de formulations soigneusement pesées.
Les anciens Égyptiens disaient du Sphinx qu’il était le gardien du lever du soleil. Sa position, face à l’est, renforce cette interprétation. Tourné vers l’horizon, il assiste au miracle quotidien de la renaissance de la lumière, symbole de la résurrection et de la permanence de l’ordre cosmique.
La chaussée reliant la pyramide de Khéphren au temple de la vallée contourne curieusement le Sphinx. Cette disposition suggère que la statue était déjà présente lorsque cet axe processional fut construit, renforçant l’idée qu’elle précède certains des monuments environnants.
Les analyses récentes du style de la coiffe du Sphinx ont également relancé les débats. Les plis du némès, cette coiffe royale, présentent des caractéristiques que certains spécialistes attribuent à Khéops plutôt qu’à Khéphren. D’autres experts, au contraire, maintiennent que le style correspond à la IVe dynastie classique.
Hawass raconte ses descentes dans les profondeurs du plateau, ces moments où il s’est retrouvé face aux fondations rocheuses de l’une des plus grandes civilisations de l’histoire. Il évoque l’émotion indescriptible de se tenir dans des espaces que personne n’avait visités depuis des millénaires.
La question de l’eau reste centrale dans le débat. L’Égypte antique était un pays de contrastes, entre le désert absolu et la fertilité de la vallée du Nil. Les pluies qui tombent aujourd’hui sur le plateau sont rares et brèves, mais les traces de ruissellement gravées dans la roche indiquent un climat autrefois plus humide.
Des études géomorphologiques ont montré que la région de Gizeh a connu des périodes de précipitations importantes jusqu’au milieu de l’Holocène. Si le Sphinx avait été sculpté durant ces phases humides, il pourrait effectivement dater de plusieurs millénaires avant l’ère des pharaons.
L’égyptologue Rainer Stadelmann a proposé une théorie intermédiaire selon laquelle le Sphinx serait une œuvre de Khéops. Selon lui, son fils Khéphren aurait ensuite intégré la statue dans son complexe funéraire, expliquant la présence des temples attribués à ce dernier autour du monument.
En attendant, les équipes de recherche continuent leurs travaux sur le plateau. Des instruments de mesure sophistiqués sont déployés, enregistrant chaque anomalie, chaque variation de densité du sous-sol. Les données s’accumulent, attendant une interprétation qui pourrait redéfinir notre compréhension de l’Égypte antique.
Hawass conclut avec une note à la fois poignante et pleine d’espoir : l’important n’est pas tant de trouver des chambres secrètes ou des trésors, mais de comprendre le génie créateur qui a donné naissance à ces monuments. Le Sphinx reste, selon lui, indissociable des civilisations qui l’ont créé.
Le débat est désormais ouvert, et il s’annonce passionnant. Les déclarations de Hawass vont assurément relancer les recherches et les discussions scientifiques. Car une seule certitude émerge de cette annonce : le Sphinx de Gizeh, malgré les siècles d’études, n’a pas encore livré tous ses secrets.