Je me suis réveillé dans le corps d’un prince humilié que tout le monde méprise. Devant la cour entière, on m’a frappé, on m’a dépouillé de mes généraux, et on m’a forcé à renoncer à mon armée, le…

Je me suis réveillé dans le corps d’un prince humilié que tout le monde méprise. Devant la cour entière, on m’a frappé, on m’a dépouillé de mes généraux, et on m’a forcé à renoncer à mon armée, le...

J’étais en train de lire un roman, et voilà que je me retrouve projeté dans son monde. Comment est-ce possible ? Où suis-je ? « Votre Altesse, le septième prince, quelle audace devant Sa Majesté !

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Vous n’avez aucune tenue royale. »

Le septième prince, Ningier ? Cet insignifiant personnage secondaire du roman ? Abandonné à la frontière par un empereur cruel, il a pourtant réussi à lever une armée d’un million d’hommes et à conquérir les 72 nations de l’Ouest.

Mais son seul défaut, c’est son amour démesuré pour l’héroïne réincarnée. Pour elle, il a tout sacrifié, jusqu’à son commandement militaire. Et elle ? Elle s’est alliée au premier prince pour l’anéantir aux portes de Shenwu.

Ce grand héros est mort dans l’amertume. Je le regarde, et je le vois : « On dirait un chien, maintenant. Tout abandonné pour une femme. Quelle stupidité.

»

Mais moi, je ne suis pas lui. Même si je viens d’un autre monde, je ne serai pas un simple pion. Je vais prendre mon destin en main. Le royaume et les femmes, tout m’appartiendra.

Soudain, la cour s’anime. « Votre Majesté, la fille du Chancelier Du est aussi belle que vertueuse. Le septième prince ne la mérite absolument pas. Revenez sur votre promesse, je vous en prie !

»

Je reconnais cette scène. C’est l’héroïne du roman. Et l’empereur est sur le point de me l’accorder… en échange de mon commandement militaire. Impossible.

Si je rends mes troupes, ils vont m’éliminer. Mais je sais aussi ce qui m’attend : dès que j’aurai renoncé à mon pouvoir, je serai pris au piège. Et empoisonné. « Votre Altesse, pourquoi suis-je si faible ?

»

Je lève les yeux. Yufeng, général de la cavalerie vaillante, et mon plus fidèle compagnon d’armes. Nous avons grandi ensemble. Mais l’empereur n’a pas encore parlé que déjà, un officier ose se lever : « Tu oses te lever de ton propre chef ?

C’est un pur outrage ! »

« Giflez-le. »

La main s’abat. Je reste figé.

« Qu’est-ce que vous dites ? »

« Votre Altesse, nous sommes dans la salle du trône. Dois-je m’en charger moi-même ? »

« Le septième prince, n’est-ce pas là une rébellion ?

»

Les coups continuent. « Fils indigne, tu oses laisser tes hommes commettre de telles violences ! Gardes ! Retirez leurs fonctions à Yufeng et au général de la cavalerie vaillante.

Jetez-les au cachot. Ils seront punis demain à midi. »

Je serre les poings. Le général a protégé l’honneur de la famille royale avec mérite, dit-on.

Mais je n’ai rien dit. J’ai encaissé. L’armée Tianwu domine le Nord-Ouest. Elle a été bâtie par le septième prince.

Il a conquis soixante-douze pays. Invincible. Mais aujourd’hui, je suis humilié devant toute la cour. Je regarde l’héroïne.

La réincarnée. Elle est là, complice de ce piège. « Tu réfléchis depuis un long moment ? » demande l’empereur.

Je me souviens du roman. Vingt ans plus tôt, cet homme est arrivé à Daxion et m’a contraint par la force à lui trouver des enfants. Toute ma vie n’a été qu’un instrument. Mais cette fois, je sais ce qui va se passer.

Je sais que je suis empoisonné. Je sais qu’ils veulent me dépouiller de tout avant de me laisser mourir aux portes de Shenwu. Alors je me lève, lentement, et je regarde l’empereur droit dans les yeux. « Votre Majesté, je vais rendre mon commandement militaire.

»

Le silence tombe. Personne ne s’y attendait. Dans le roman, le héros l’a fait pour l’amour de l’héroïne. Mais moi, je le fais pour une tout autre raison.

Je ne sacrifie rien. Je prépare ma revanche. Je n’ai pas dit un mot de plus. Mais dans ma tête, une seule pensée : ils croient que je suis brisé.

Ils vont découvrir à quel point ils se trompent.