C’est le soir de notre mariage, et je n’ai toujours pas réalisé ce qui se passe. Xuhan, mon mari, me fixe avec un regard froid, et sa voix résonne dans la pièce. « À partir d’aujourd’hui, Sian, tu vas dormir avec cet homme jusqu’à ce que tu sois enceinte. »
Je secoue la tête, incrédule.

« Mais tu es mon mari ! Pourquoi veux-tu que je porte l’enfant d’un autre ? »
Il sort un document de sa poche et le jette sur la table. « Le soir de notre mariage, j’ai déjà signé l’accord de divorce.
C’est Ruyan que j’aime. »
Mon cœur se serre. « De ma vie, je ne toucherai jamais une menteuse, égoïste et cruelle comme toi. »
Il hausse les épaules, indifférent.
« D’accord. Je trouverai un moyen de tomber enceinte seule. Mais maintenant, pars d’ici tout de suite avec cet homme. »
Il a un sourire mauvais.
« Je te donne trois mois. Si dans trois mois tu n’es pas enceinte, je t’enverrai un homme différent chaque jour jusqu’à ce que tu le sois. »
La nuit tombe, et une voix féminine s’élève, suave et moqueuse : « Oh. Les températures baissent ce soir.
Voulez-vous une belle femme de 36° pour vous réchauffer ? »
Je lève les yeux, et je la vois. Une femme magnifique, sûre d’elle, avec un regard perçant. « Tu m’as reconnu ?
» demande-t-elle. « Peu importe. Je ne veux pas savoir comment tu t’appelles. Je veux seulement savoir ce dont tu es capable.
»
Elle rit doucement. « Tu pourrais le regretter. »
Le club est rempli de monde, mais je n’ai d’yeux que pour elle. Elle s’approche, et je sens son parfum.
« Vous ne me reconnaissez pas ? C’est la première fois que je vais dans un club pour engager un modèle. Vous êtes très célèbre dans ce milieu. »
Je fronce les sourcils.
« Est-ce que je ne vous dis rien ? »
« Pas vraiment, mais je trouve que vous êtes très séduisante et votre corps est magnifique. »
« Mais pourquoi me demandez-vous si vous m’êtes familier ? »
« Est-ce qu’on se connaît déjà ?
»
« Non, tant mieux. Alors, j’apprécie beaucoup ton physique. Alors, j’ai décidé de te remettre sur le droit chemin. Disons que désormais, tu travailleras pour moi.
Chaque mois, je te donnerai 100000 dollars. »
Je ris. « Tu crois m’entretenir pour seulement 100000 dollars ? »
Elle marque un temps, puis sourit.
« C’est vrai qu’avec ton visage et ton corps, 100000 dollars, c’est un peu juste. Alors, dis-moi, combien veux-tu ? »
« Un million de dollars par mois, pas un centime de moins. »
Elle acquiesce.
« D’accord. Attends-moi là. Je vais aller demander l’argent à mon mari pour t’entretenir. »
Je suis stupéfaite.
« Vous êtes mariée ? »
Elle me regarde avec un sourire étrange. « Rassure-toi, même si je suis mariée, le soir même des noces, j’ai signé les papiers du divorce. Donc, on peut dire que je suis légalement encore mariée mais libre.
Attends-moi. »
Elle s’éloigne, et je reste là, le cœur battant. Je l’observe de loin, et je vois un homme s’approcher d’elle. Il semble furieux.
« Je suis ton mari, pas ton banquier. Tu veux entretenir un autre homme et tu viens me réclamer de l’argent ? Tu ne manques pas de toupet. »
Elle répond, calme : « C’est pourtant toi qui m’as dit de trouver un homme pour tomber enceinte.
»
« Non. C’est donc à toi d’en assumer les frais. Sinon, fais-le toi-même et donne-moi un enfant. »
« Nous avions pourtant un accord pour trois mois.
»
« Pourquoi forces-tu Xyuan à partager ton lit ? C’est prémédité. Tu penses que cette méthode attirera mon attention ? Je te le dis clairement.
Je n’aime que Ruyan. »
Elle baisse la tête. « Je le sais. »
Il lance un regard vers moi, puis il sort.
La femme revient vers moi, un sourire aux lèvres. « Tu as entendu ? » me demande-t-elle. « Oui.
»
« Il ne m’aime pas. Mais je n’ai pas besoin de son amour. J’ai besoin de son argent. Et toi, tu es ici pour une raison.
Alors, dis-moi, tu acceptes mon offre ? »
Je réfléchis. Trois mois. Un million par mois.
Et cette femme, si différente de mon mari, si forte. Peut-être que c’est le moyen de me libérer. « J’accepte. »
Nous passons un accord.
Chaque mois, elle me verse un million. Chaque mois, je joue le rôle de sa maîtresse, même en public. Et il me semble que quelque chose commence à changer entre nous. Un soir, elle me tend un bracelet.
« C’est un cadeau. »
Je le regarde, émerveillée. « C’est magnifique. Mais tu es sûre ?
»
Elle me fait un clin d’œil. « Je sais ce que je fais. »
Quelques jours plus tard, son mari revient. Il a vu le bracelet sur mon poignet, et il explose.
« Tu crois que je ne sais pas ce que tu fais ? Tu penses que je vais te laisser te jouer de moi ? »
Il se tourne vers moi, les yeux brillants de colère. « Toi, la fille du club.
Tu crois que tu peux me voler ma femme ? »
Elle s’interpose. « Elle ne me vole pas. Je l’aime.
»
Il rit, amer. « Tu l’aimes ? Tu passes ton temps à me tromper avec elle, et tu oses dire que tu l’aimes ? »
« Je ne t’ai jamais trompé.
Tu sais très bien que notre mariage est fini. »
« Alors pourquoi tu restes ? »
Elle hausse les épaules. « Parce que je veux être libre.
Et elle me donne cette liberté. »
Il me regarde, puis il sort, furieux. La semaine suivante, je reçois une lettre. C’est lui.
Il me propose un marché : si je romps avec ma protectrice, il me donnera le double de ce qu’elle me verse. Je ne sais pas quoi faire. Je ne veux pas perdre ma liberté, mais j’ai besoin d’argent. Et puis, il y a cette femme.
Je sens que je m’attache à elle, malgré tout. Un après-midi, elle me surprend en train de lire la lettre. Sa voix est glaciale. « Qu’est-ce que c’est ?
»
« Rien. »
« Ne me mens pas. »
Je lui tends le papier. Elle lit, puis elle le déchire en morceaux.
« Tu es à moi. Compris ? »
Je ne réponds pas. Mais je sais que cette phrase a changé quelque chose entre nous.
Je commence à ressentir des sentiments pour elle, et je sens que c’est réciproque. Puis, un soir, elle se penche vers moi et m’embrasse. Mon cœur s’emballe. « Je crois que je t’aime, dit-elle.
Vraiment. »
Je ne réponds pas, mais je lui souris. Nous passons la nuit ensemble, et je me sens enfin en paix. Le lendemain matin, elle est restée toute la nuit.
Je la regarde dormir, et je pense que peut-être, cette histoire est en train de devenir belle. Mais les choses ne sont jamais simples. Elle est encore techniquement mariée, et son mari est dangereux. Un jour, il m’appelle.
« J’ai besoin de te parler. »
Je refuse, mais il insiste. « Je sais que tu es enceinte. »
Le sol se dérobe sous mes pieds.
Comment le sait-il ? Je garde le silence, mais il dit : « Si tu veux garder ton enfant, tu dois rompre avec elle. Sinon, je ferai en sorte que tu perdes tout. »
Je raccroche, le cœur lourd.
Je ne veux pas perdre cette femme, mais je ne veux pas non plus que mon enfant souffre. Je me sens prise au piège. La femme revient, et elle me voit en pleurs. « Qu’est-ce qui se passe ?
» demande-t-elle, inquiète. Je ne peux pas lui dire. Pas encore. Mais je sais que je dois prendre une décision.
Et cette décision pourrait changer tout ce que nous avons construit.


