Delphine Emba entra dans la salle d’audience du tribunal de la famille de Lyon avec une lenteur qui venait moins de ses jambes que de son esprit. Son vieux blazer noir pendait légèrement sur ses épaules, marqué par des nuits sans sommeil. Ses poignets étaient glacés, non pas à cause de l’air conditionné, mais parce que la veille encore, elle avait passé des heures assise sur le canapé étroit de son studio, tenant son fils brûlant de fièvre contre elle, murmurant des berceuses improvisées jusqu’à ce que sa respiration se calme. À l’aube, elle l’avait confié à la voisine du palier, une retraitée discrète, en lui glissant quelques billets froissés et un regard suppliant.

Puis elle était partie, sans se retourner, de peur de s’effondrer.


