Ce soir-là, sous la pluie battante de Chicago, j’ai lu un document que personne n’aurait dû savoir déchiffrer. Vanessa a pointé son arme sur moi, et je me suis dit que c’était fini. Puis Rocco a…

Ce soir-là, sous la pluie battante de Chicago, j’ai lu un document que personne n’aurait dû savoir déchiffrer. Vanessa a pointé son arme sur moi, et je me suis dit que c’était fini. Puis Rocco a...

Le rire du boss mafieux avait déchiré le silence de la pièce. « La petite libraire ? Tu plaisantes ? » avait-il lancé, les yeux plissés par le mépris.

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Mais il ne savait pas que cette femme douce, aux courbes qu’elle cachait sous des vêtements amples, était la seule capable de déchiffrer le document posé sur la table. Ce grimoire de symboles illisibles, ce code oublié depuis des siècles, c’était sa spécialité. Elle avait passé trois ans à subir les moqueries de Vanessa, la femme vénéneuse qui la traitait comme une moins que rien. Ce soir, tout allait changer.

Quand Lucia avait levé les yeux et commencé à lire les premières lignes à voix haute, le silence était devenu absolu. Les hommes de Rocco Fontana, des tueurs endurcis, n’osaient plus respirer. Même la pluie qui cinglait les vitres semblait retenir son souffle. Le contenu du document était une bombe : les secrets les plus sombres des familles rivales, des comptes cachés, des trahisons.

De quoi détruire l’empire Corsetti en une seule nuit. Rocco, immobile, la regardait comme s’il la voyait pour la première fois. Mais Vanessa, folle de rage, avait dégainé son arme. Le coup de feu n’était jamais parti.

Rocco avait tiré le premier, sans hésiter, et Vanessa s’était effondrée dans une mare de sang. Lucia, tremblante, avait vu le boss s’approcher d’elle, son visage dur adouci par une lueur nouvelle. Il avait murmuré : « Le million est à toi, petit oiseau. Mais maintenant, tu es à moi.

» Elle avait compris ce soir-là qu’elle ne serait plus jamais libre. Pourtant, au fond d’elle, quelque chose s’était éveillé : une attirance dangereuse, interdite, qu’elle ne pouvait plus ignorer. Les semaines avaient passé. Lucia avait quitté son studio glacial de Logan Square pour la sécurité d’une villa gardée jour et nuit.

Elle était riche, débarrassée de ses dettes, mais prisonnière. Quand elle avait proposé un marché à Rocco – finir la traduction complète du carnet en échange de sa liberté – il avait ri, encore une fois. « Même quand les Corsetti ne seront plus que cendres, tu resteras mienne. » Elle avait senti son cœur se serrer, non de peur, mais de désir.

Il la protégeait, la consultait pour chaque décision stratégique, la traitait comme une égale. Sa douceur, qu’il jugeait précieuse, devenait son obsession. Puis l’attaque avait eu lieu. Dans le parking souterrain, les balles avaient sifflé, et Rocco avait plongé sur elle, la couvrant de son corps.

Elle avait vu le sang tacher sa chemise, avait entendu sa voix trembler pour la première fois : « Tu es blessée ? » Elle avait secoué la tête, et il avait serré ses doigts dans les siens, le souffle court. Dans ce chaos, toutes les barrières étaient tombées. Elle avait compris qu’il brûlerait la ville pour elle.

Le lendemain, Lorenzo Corsetti était retrouvé mort, une balle en plein front. Lucia n’avait jamais touché à son compte en banque. Elle n’avait plus besoin de fuir.

La femme qui avait été forcée de déchiffrer un carnet ensanglanté était devenue la reine de Chicago, la seule à faire battre le cœur du roi des ténèbres.