J’ai été transporté dans le corps du 7e prince Ningué, ce personnage secondaire que tout le monde méprise. Aujourd’hui, dans la salle du trône, l’empereur m’a humilié devant toute la cour, pendant…

J’ai été transporté dans le corps du 7e prince Ningué, ce personnage secondaire que tout le monde méprise. Aujourd’hui, dans la salle du trône, l’empereur m’a humilié devant toute la cour, pendant...

Le gifle claqua dans la salle du trône, et je sentis ma joue brûler sous le regard glacé de l’empereur. Autour de moi, les murmures des ministres se mêlaient aux ricanements étouffés. Je n’étais pas censé être là. Quelques minutes plus tôt, je lisais encore un roman poussiéreux, et voilà que j’étais devenu le 7e prince Ningué, ce personnage secondaire condamné à une mort humiliante.

Thumbnail

Dans le livre, il aimait éperdument l’héroïne réincarnée, abandonnait son armée d’un million d’hommes pour elle, et finissait exécuté aux portes de la ville. Un destin tragique que je refusais d’accepter. Si j’étais transporté ici, c’était pour changer l’histoire, pas pour la subir. « Yunchu, espèce d’idiot, tout abandonner pour une femme.

Quelle stupidité », cracha l’empereur, sans même me regarder. Le 7e prince, celui qu’on avait abandonné à la frontière depuis l’enfance, celui qui avait conquis 72 nations avec une lance et une bravoure légendaire, n’était plus qu’un chien à ses yeux. Je relevai la tête, mais la scène se déroulait déjà. La fille du chancelier Du, l’héroïne du roman, se tenait à quelques mètres, parfaite et inaccessible.

Pour elle, le prince avait accepté de rendre son commandement militaire. Une folie. Sans mes troupes, j’étais un homme mort à la merci de mes ennemis. « Votre Majesté, je vous en prie, revenez sur votre promesse », supplia un ministre.

« Ce mariage est une honte pour le 7e prince. » Je connaissais ce passage. Je savais que dans quelques instants, on m’arracherait mon armée, puis on me tendrait un piège mortel. Le poison coulait déjà dans mes veines, j’en sentais les premiers frissons.

Je ne devais pas rester passif. Pas cette fois. Ufeng, mon général le plus fidèle, osa lever la main en ma défense. Un geste téméraire.

Sa Majesté explosa. « Insolent ! Oses-tu défier ma volonté dans ma propre salle ? » Les gardes s’emparèrent de lui, et Yufeng, mon autre homme de confiance, fut traîné vers les cachots.

« Ils seront punis demain à midi », annonça l’empereur d’une voix qui ne souffrait aucune contestation. Je les regardai disparaître, le cœur serré. Ils allaient mourir à cause de moi. À cause de cette histoire écrite d’avance.

Le silence retomba, pesant. Tous les regards se tournèrent vers moi, attendant ma réaction. L’empereur, méprisant, ajouta : « Un prince sans grâce qui ose se comporter ainsi. Tu n’es même pas digne de ce titre.

» Je voulais répondre, mais une autre voix résonna dans ma tête, celle du roman : cette scène, je l’avais lue cent fois. Le 7e prince mourait ici, dans l’ombre, trahi par l’héroïne et par son propre sang. Pourtant, une pensée fulgurante traversa mon esprit : et si je pouvais réécrire les lignes ? Je sentis mon poing se serrer sous ma manche.

Ils croyaient que j’étais brisé. Ils ne savaient pas que je venais d’un autre monde, que je connaissais toutes leurs faiblesses, toutes leurs trahisons à venir. L’empereur m’ordonna de m’agenouiller. Je restai debout, un défi silencieux dans les yeux.

Un murmure parcourut l’assemblée. « Ce chien ose-t-il se rebeller ? » Dans le roman, j’aurais courbé l’échine.

Mais j’étais désormais un homme nouveau, et mon destin ne serait plus écrit par d’autres.