« Même si on te vendait, ça ne vaudrait jamais mon vase. » Ces mots, crachés par mon patron, Zang Shengjun, m’ont transpercé plus profondément que les éclats de porcelaine sous mes pieds. J’étais…

« Même si on te vendait, ça ne vaudrait jamais mon vase. » Ces mots, crachés par mon patron, Zang Shengjun, m’ont transpercé plus profondément que les éclats de porcelaine sous mes pieds. J’étais...

Quinfen trébucha sur les morceaux de porcelaine que Zang Shengjun avait volontairement dispersés sous ses pieds. Le vase qu’il portait, une pièce commandée par le redoutable monsieur Xu, vola en éclats. La douleur à ses yeux, coupés par les tessons, lui arracha un cri, mais ce qui le brûla davantage, ce fut la voix glaciale de son employeur. « Tu sais à quel point ce vase est important pour moi ?

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Des excuses, ça ne sert à rien. Même si on te vendait, ça ne vaudrait jamais mon vase. »

Zang Shengjun, le maître de la boutique d’antiquités, n’eut aucune hésitation. Il vira Quinfen sur-le-champ, exigea qu’il rembourse le million réclamé par monsieur Xu, et le poussa dehors sans un regard.

Quinfen, étourdi par la douleur et l’injustice, se releva tant bien que mal. C’est alors qu’il sentit une chaleur étrange dans ses yeux. En clignant des paupières, il distingua soudain l’essence des choses : la valeur cachée des objets, les secrets enfouis sous les apparences. Il venait d’éveiller l’œil divin.

Cette nuit-là, il décida de régler ses comptes avec Zang Shengjun. Il découvrit que son ancien patron avait rendez-vous avec un collectionneur dans une ruelle sombre, pour une transaction louche. Quinfen, grâce à son nouvel œil, comprit immédiatement que le prétendu vase ancien que Shengjun vendait était un faux grossier. Il tendit un piège : il fit passer au collectionneur l’information que l’objet était une copie moderne, semant la discorde.

Le collectionneur, furieux d’avoir dépensé un an de salaire pour un faux, se retourna contre Shengjun, qui dut rembourser sous la menace. Quinfen regarda la scène avec une satisfaction mordante. Le lendemain, au marché aux puces, Quinfen tomba sur une boutique miteuse tenue par un homme rusé qui vendait des faux à des clients naïfs. Un jeune homme, sur le point de se faire arnaquer, reçut un avertissement discret de Quinfen.

Mais une voix mystérieuse, venue de nulle part, murmura à l’oreille de Quinfen : « Dans ce tas de faux, il n’y a qu’un seul trésor : la boîte noire tout au fond. » Intrigué, il s’en approcha. C’était une boîte en bois de santal rouge, soi-disant de la dynastie Ming. Le vendeur en demandait vingt mille, mais Quinfen, l’œil divin en alerte, vit que ce n’était que du bois ordinaire avec un vieillissement artificiel.

Il la négocia à deux cents pièces et l’emporta. Sur le chemin du retour, il croisa la patronne de la boutique d’antiquités où il travaillait autrefois, la belle et froide Lilu. Elle voulut acheter la boîte, mais Quinfen refusa poliment. Elle insista, proposant dix mille, puis cent mille.

Il refusa toujours. Un expert réputé, le président Mo, reconnut soudain la valeur exceptionnelle de l’objet : du bois de phoebe véritable, un trésor inestimable. La salle des ventes s’embrasa. On proposa trois cent mille, puis cinq cent mille.

Quinfen, sans un mot, refusa tout. Il sortit la boîte, la tendit à Lilu comme un cadeau, et s’éloigna, laissant derrière lui une foule médusée et une jeune femme bouche bée. Lilu, touchée malgré elle, commença à le regarder autrement. Ils échangèrent des messages, des rendez-vous secrets.

Quinfen découvrit qu’elle cachait une personnalité douce sous ses airs de patronne de glace. Mais le chemin était semé d’embûches. Lors d’un banquet organisé pour accueillir le célèbre maître Yi, Quinfen fut invité par le président Mo, qui le considérait désormais comme un expert hors pair. Le jeune homme y retrouva Xu Zang, son ancien bourreau, et le jeune maître Chou, un rival arrogant qui l’avait pris pour un imbécile après une sombre histoire de tableau.

Maître Yi, un homme au regard perçant, examina les cadeaux des invités. Xu Zang offrit un pendentif en jade ancien, Chou un vase prétendument précieux. Mais Quinfen, d’un coup d’œil, vit que le vase de Chou était une copie de la dynastie Qing, et il le dit à voix haute. L’assemblée s’indigna.

Maître Yi, l’air amusé, demanda à Quinfen ce qu’il avait à offrir. Quinfen sortit un rouleau de peinture, celui-là même que le président Mo avait déclaré faux la veille. Le maître Yi l’examina longuement, puis, sous les regards sceptiques, Quinfen versa de l’eau sur la toile. Les couleurs s’estompèrent, révélant une œuvre magnifique : un véritable cheval de Wuzi, un trésor national dissimulé sous une copie.

Maître Yi, impressionné, déclara que la boutique de Lilu serait son partenaire exclusif. Mais le vieux maître Luo, un légende vivante de l’expertise, s’approcha de Quinfen et lui proposa de devenir son disciple. Quinfen refusa avec un sourire désinvolte, préférant draguer sa belle patronne. Le vieil homme, offensé, lui jeta un regard sombre.

Quinfen, sans se démonter, l’avertit : « Ce que vous portez au poignet est impur. Si vous le gardez, vous risquez votre vie. » Maître Luo, furieux, rompit toute coopération avec lui. Lilu, désespérée, craignit pour sa boutique, mais Quinfen lui promit de trouver l’argent nécessaire.

Le lendemain, à la salle des ventes, il identifia un collier en agate moderne qui renfermait un saphir exceptionnel. Il l’acheta pour une bouchée de pain et le revendit cent millions, sauvant ainsi la boutique. Mais Xu Zang, jaloux, l’accusa d’avoir volé une pierre précieuse confiée par un client, Zeng Bin. Quinfen, grâce à une caméra cachée, prouva que c’était un coup monté.

Le père de Lilu, furieux, chassa Quinfen, et Lilu, déchirée, refusa de le revoir. Quinfen ne se laissa pas abattre. Lors du grand concours d’expertise des pierres brutes, il affronta Zeng Bin. Ce dernier sortit un jade exceptionnel, mais Quinfen, choisissant une pierre grossière, révéla un jade impérial d’une valeur inestimable.

Zeng Bin, humilié, refusa de tenir son pari, mais le président Fu et maître Yi le forcèrent à céder sa bijouterie. Quinfen devint riche et respecté. Mais Lilu, elle, était tombée entre les griffes de son père, qui voulait la marier à Zeng Bin pour des raisons politiques. Quinfen découvrit que sa belle-mère, Wang Mei, simulait une grossesse pour s’emparer de la boutique familiale.

Il la démasqua devant tout le monde, mais Lilu, prise dans la tourmente, lui tourna le dos. Au concours d’évaluation des trésors, Zeng Bin, poussé par son père, tenta de saboter la victoire de Quinfen. Mais ce dernier, grâce à son œil divin, identifia un faux bouddha ancien que tous les experts avaient pris pour authentique. Il prouva sa supercherie en révélant des marques de polissage moderne.

Maître Luo, qui avait survécu à une tentative d’assassinat grâce à l’avertissement de Quinfen, vint témoigner en sa faveur. Zeng Bin et son père, accusés de vol et de corruption, furent arrêtés. Quinfen fut couronné maître expert. Lilu, enfin libre, s’approcha de lui, les larmes aux yeux.

Il lui prit la main et murmura : « Lulu, veux-tu m’épouser ? » Elle sourit, et dans ses yeux, il vit enfin la réponse qu’il attendait.