Ce soir-là, ma fille de cinq ans a serré la main d’une autre femme en souriant plus fort que je ne l’avais jamais vue sourire avec moi. Mon mari ne m’a même pas regardée. Sa mère a dit : « Si elle…

Ce soir-là, ma fille de cinq ans a serré la main d’une autre femme en souriant plus fort que je ne l’avais jamais vue sourire avec moi. Mon mari ne m’a même pas regardée. Sa mère a dit : « Si elle...

Le 15 du mois, c’était le grand rendez-vous. La seule nuit où LuCheng daignait venir me voir. Pour nous, c’était le rituel censé assurer la descendance des élus. Mais ce soir-là, une fois de plus, sa froideur m’a glacée jusqu’aux os.

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Je m’appelle Sophie Su, et LuCheng est le nouveau milliardaire de Hong Kong. Froid, sans cœur. Pourtant, je l’aime à la folie depuis trois ans quand je suis tombée enceinte. Nous nous sommes mariés par devoir, pas par amour.

Il ne m’a jamais aimée. La naissance de notre fille Léa a failli me tuer : embolie amniotique. Huit ans à l’aimer, cinq ans de mariage, et plus rien. Juste du vide.

Je pensais qu’un deuxième enfant, un garçon, pourrait tout changer. J’étais prête à risquer ma vie encore une fois. Mais ce soir-là, sa froideur m’a réveillée. Peut-être que cet amour sans réponse aurait dû être abandonné depuis longtemps.

Quand j’ai revu le test de grossesse, il n’a rien dit. Rien. J’ai fini par exploser :
— Ton grand-père t’a forcé à m’épouser, et tu m’en veux. Tu ne m’appelles jamais.

On est comme des étrangers. J’en ai assez. Il a seulement répondu :
— Fais ce que tu dois faire. Sa mère, elle, n’a pas mâché ses mots :
— Toujours rien ?

Quand est-ce que je pourrai tenir un petit-fils ? Si Sophie ne peut pas te donner un fils, laisse Nadine le faire ! LuCheng a hésité :
— Sophie a failli mourir à la naissance de Léa. C’est trop risqué.

Nadine est si jeune…

À cet instant, j’ai compris. Ce n’était pas qu’il ne savait pas aimer. C’était qu’il ne m’aimait pas, moi. J’ai appelé mon père dans les larmes :
— Papa, je veux rentrer à la maison.

Mon père, Samuel Su, l’un des hommes les plus riches de Hong Kong, n’a rien demandé. Il m’a simplement dit :
— Tu as caché ton identité pour préserver la fierté de LuCheng. Reviens avec Léa. Je m’occuperai de vous deux.

J’ai raccroché, soulagée. Mais ma fille Léa, si innocente, m’a demandé :
— Maman, quand est-ce que mon petit frère va naître ? J’ai répondu doucement :
— Quand je t’ai eue, maman a failli mourir. Elle ne peut plus avoir d’autres bébés.

— Pourquoi ? Maman a déjà eu Léa. Pourquoi elle peut pas en avoir un autre ? — Léa, tu n’as pas peur de perdre maman ?

Elle n’a pas compris. Puis j’ai entendu la voix de Nadine dans la cour. Nadine, la violoniste que tout le monde appelle la maîtresse de LuCheng. Pourtant, c’est moi, sa femme.

Mais ce jour-là, c’est elle qui ressemblait à la famille. Léa a crié de joie :
— Tati Nadine ! Maman a accepté que je change d’école ! Comme ça, toi et papa pourrez venir me chercher tous les jours !

Nadine l’a prise dans ses bras :
— À partir de maintenant, Tati viendra te chercher tous les jours. Léa a ajouté, innocente :
— Et puis, Tati Nadine, ne fais pas de bébé avec papa, d’accord ? Maman dit que c’est dangereux. Mais maman a déjà eu Léa.

En avoir un autre, c’est pas grave. Je suis restée figée. Puis j’ai pris une grande inspiration et j’ai dit, la voix aussi calme que possible :
— LuCheng, Léa, puisque vous aimez tant tante Nadine, je me retire. Je vous donne tout.

Léa préfère Nadine. Nadine sent bon. Ses mains sont douces. Pas comme les miennes.

J’ai tourné les talons, le cœur en miettes, en me demandant si partir était vraiment la seule issue. Mais je savais déjà que je ne pouvais plus rester.