« Chef Pin, vous vouliez me voir ? »
« Agent, les places pour rester à l’hôpital sont limitées à trois. En tenant compte des performances des stagiaires, tu n’as pas été retenu. Inutile de revenir demain.

»
« Quoi ? Chef Pin, j’ai été le premier de ma promotion. Pourquoi ne pas m’avoir gardé ? »
« Les notes ne font pas tout.
J’ai pris ma décision en évaluant l’ensemble des stagiaires. C’est bon, inutile d’insister. Maintenant, sors. »
Je suis sorti, abasourdi.
Pas le moindre pot-de-vin, et il voulait rester. Il rêvait. Si je ne restais pas au central Saint-Louis, devenir titulaire serait très dur. Et mon rêve de devenir un grand médecin ?
« Alors Jean, tu restes ici ? Non, sérieux, tu n’es pas pris ? C’est impossible. De tout l’hôpital, parmi tous les stagiaires, tu es le meilleur, avec les meilleures notes.
»
« Le chef Pin a dit que les notes ne font pas tout. Laissez tomber, professeur Martin. Merci pour votre encadrement. Peut-être qu’à l’hôpital municipal, les bons résultats et les efforts ne suffisent pas pour rester.
»
« Ils ont touché des pots-de-vin ? Et si ? Que dites-vous, professeur Martin ? »
« Je n’ai pas de preuves.
Jean, ne te décourage pas. Tes connaissances médicales sont excellentes. Où que tu ailles, tu réussiras à te démarquer. »
Une urgence arriva.
« Allons-y vite. »
« Quelle est la situation ? »
« Accident de voiture. Pas de blessure apparente, pas de sang sur le brancard.
Ça semble léger. »
Soudain, je vis à travers le corps du patient : ses os, ses vaisseaux. « C’est quoi ? Qu’est-ce qui m’arrive ?
Pourquoi je vois les os et les vaisseaux ? »
Un don ? Un super-pouvoir pour devenir un grand médecin ? « Fracture fermée du fémur droit.
L’os brisé a percé l’artère fémorale. Il est en danger. Il risque un choc fatal à tout moment. Vite, occupez-vous-en.
»
« Que fait-on ? Il allait très bien. Depuis une minute, son pouls et sa respiration s’accélèrent. Sa tension chute.
»
« Vous n’avez rien vérifié. Il a dit s’être juste éraflé le genou. Avant de monter dans l’ambulance, il répondait clairement. Pourquoi a-t-il commencé à perdre du sang après être monté ?
Est-ce possible que dans l’ambulance, pendant le transport, il y ait eu des secousses ? »
« Sur le chemin, il y a eu quelques secousses, mais à ce moment-là, le patient allait bien. »
« Jean, comment peux-tu affirmer que c’est cette secousse qui a causé le choc hémorragique ? »
« C’est bon, moins de bavardage.
Professeur Martin, préparez vite un garrot et le kit de clamp aortique. L’état du patient est critique. »
« Choc hémorragique ? Ça ne me dit rien.
Jean, on est que des stagiaires et tu oses donner des ordres au prof ? Tu y comprends quelque chose, toi ? »
« Directeur, comment es-tu sûr que c’est un choc hémorragique ? Et s’il y a d’autres symptômes ?
Et si tu te trompes et qu’il est trop tard, pourras-tu assumer cette responsabilité ? »
« Ça suffit. Tais-toi. Une vie est en jeu.
Parle. »
« La jambe droite du patient est légèrement enflée, sa peau est pâle. En ajoutant la tension qui augmente et la respiration qui s’accélère, je soupçonne une hémorragie interne. Pas de blessure externe.
»
« Où se trouve l’hémorragie ? »
« Pour un pneumothorax fermé, à l’auscultation, les bruits respiratoires disparaissent. La percussion est tympanique. Le patient a juste une respiration accélérée.
Donc pas de pneumothorax. »
« Ton analyse est si précise, Jean, tu es encore meilleur qu’Antoine. Nous n’avions même pas remarqué l’état de sa jambe droite. »
« N’est-il pas stagiaire comme nous ?
Je ne crois pas qu’il en soit capable. C’est juste un coup de chance. »
« La jambe droite est vaste, les vaisseaux sont nombreux. Puisque tu parles d’hémorragie interne, comment en es-tu sûr ?
»
« Je pense que c’est l’artère fémorale qui saigne, et je soupçonne une fracture fermée. Le temps presse, il faut vite arrêter l’hémorragie. »
« Il raconte n’importe quoi. Le patient a eu un accident de voiture.
Comment a-t-il pu se fracturer avec les secousses ? C’est de sa propre faute. »
« J’en suis sûr à 100 %. L’artère fémorale saigne.
»
« Même si tu en es sûr à 1000 %, on est que des stagiaires. Tu peux te tromper. Mettez-lui un garrot. »
On eut les résultats du scanner.
« Directeur, voici le scanner. Fracture oblique fermée. Elle a perforé l’artère fémorale. »
« Jean, ton diagnostic était parfait.
»
« Impossible. C’est dû à ce coup de froid. »
« Hémorragie, sinon c’était l’état de choc. Prévenez l’orthopédie pour l’opération.
»
« Bien joué, jeune homme. Avec ton talent, l’hôpital saura te former. »
Au bloc, je remarquai : « Professeur, votre point d’insertion ne devrait pas être là. »
« Jean, ne crois pas que parce que tu as deviné juste, tu vas continuer à semer la pagaille.
Qui te dit que j’ai deviné ? Tu t’y connais ? Très bien. Vas-y, toi.
»
« La rupture de l’artère fémorale est très dangereuse. Le patient pourrait y laisser sa vie. Et tu veux faire n’importe quoi ? Le docteur Martin n’a-t-il pas bien plus d’expérience que toi ?
»
« Ça suffit. Jean, continue. »
« Professeur Martin, ce patient a bien une hémorragie de l’artère fémorale. C’est vrai, mais il a aussi une fracture fermée.
La zone affectée est près de votre point d’insertion. C’est pourquoi je pense qu’il faudrait utiliser l’artère iliaque commune. De l’artère iliaque commune à l’aorte abdominale, il n’y a pas de lésion viscérale. Comme ça, lors de l’opération, vous aurez un meilleur champ de vision.
»
« Toi, tu as vraiment de ces culots. Tu t’en rends compte ? Et s’il y a un problème et que l’opération échoue ? »
« Faites la ponction à l’artère iliaque.
C’est bon. Préparez une perfusion pour la tension. Maintenez la pression à 110 sur 70. On pourra l’emmener au bloc.
»
« Jean, depuis combien de temps es-tu à l’hôpital ? »
« Presque un an. Aujourd’hui, c’est mon dernier jour. »
« Monsieur le directeur, Jean est le meilleur parmi tous les stagiaires de cette promotion et pourtant il n’est pas gardé.
C’est vraiment trop injuste. »
Le directeur Laurent arriva. « Directeur Laurent, que faites-vous aux urgences ? Le premier de nos stagiaires, pourquoi a-t-il été recalé ?
Un stagiaire aussi brillant, c’est vous qui l’avez refusé ? »
« C’est que les autres stagiaires, malgré leurs notes, en pratique et au niveau attitude, ils assurent mieux que Jean. C’est pour ça qu’ils sont jugés meilleurs. »
« Très bien, je les évaluerai moi-même dans 2 jours.
»
« C’est super, le directeur nous évalue. On aura donc tous une chance de rester. Merci beaucoup. Sans toi, on n’aurait jamais eu cette opportunité.
Travaillons dur ensemble pour réussir l’examen et rester ici. »
« Oui, je dois réussir et rester pour devenir, étape par étape, le grand médecin de mes rêves. »
La direction annonça : « Sur décision de la direction, la promotion des stagiaires 2020 est attendue après-demain à 10h au bâtiment des laboratoires pour repasser l’examen. Il y aura une épreuve écrite et une épreuve pratique.
Les cinq meilleurs scores seront embauchés. »
Cette nuit-là, je rêvais d’une salle d’opération. « Oh, humain chanceux, félicitations. Vous avez été choisi pour devenir le grand médecin national.
»
« Moi, j’ai été choisi ? »
« Le système a créé spécialement pour vous cette salle de simulation. Dans cette salle virtuelle, vous pouvez répéter à l’infini vos techniques chirurgicales. »
« Aïe aïe aïe !
On dirait bien que je ne rêve pas. Avec cette salle virtuelle, je suis certain de devenir un grand médecin national. »
« Si l’utilisateur du système passe l’évaluation pour rester à l’hôpital, il recevra une prime de 100 000 €. S’il arrive à la première place, il obtiendra un prix mystère.
»
« Waouh ! Un prix mystère. Je dois bien réviser. »
Le système m’intégra toutes les notions d’anatomie humaine.
« Dans cette salle virtuelle, chacun de vos exercices pratiques sera évalué. La note de passage est de 95 points. Veuillez terminer en 1 heure la dissection du lambeau pectoral. »
Pendant ce temps, le chef Pin préparait l’évaluation.
« Directeur Laurent, pour l’évaluation de demain, vous avez prévu quoi ? »
« Que je prépare tout ça. Je ne vous dérangerai pas. »
« Chef Pin, attendez.
Directeur Laurent, je n’ai pas été assez clair. Pour l’évaluation pratique, j’ai tout organisé. »
« Oui, bien sûr, j’ai compris. »
« Hm, comme prévu.
Impossible d’avoir les sujets, mais j’ai tout prévu. Au pire des cas, garder les trois qui m’ont payé ne posera aucun problème. Ce minable de Jean espère rester dans ses rêves. »
« Chef Pin, pour l’évaluation, on ne fera jamais le poids face à Jean.
»
« Pas de panique, ce n’est qu’une petite évaluation. Voici les sujets du test. Je les ai préparés depuis longtemps. Ce sont les corrigés de l’examen écrit.
»
« Ah, mais c’est super dur. Sans les réponses, on n’aurait peut-être que 30 ou 40 points. Même Jean, qui est toujours le premier, n’aurait probablement que 30 ou 40. Avec ce corrigé, même en apprenant par cœur, je n’aurai que 70 ou 80 points.
On dirait bien que Jean va devoir dégager. »
Le jour de l’examen, je terminai l’écrit en un temps record. « Directeur, j’ai terminé. »
« Bien, vous pouvez vous reposer et manger.
»
« Même les médecins expérimentés n’ont pas encore terminé, et lui, il a fini avant eux. Il sait juste qu’il n’a aucune chance. Il a laissé tomber et a rendu copie blanche. »
« Qu’y a-t-il, directeur Laurent ?
Ce Jean, il a rendu copie blanche. Ce garçon ne supporte vraiment pas la pression. Il fuit au moindre problème. Ce genre de personne, notre hôpital ne peut pas l’engager.
»
« Non, regardez, tout est rempli. Il a répondu au hasard. Les réponses sont exactes. Comment est-ce possible ?
»
« Il a dû deviner. Chef Pin, essayez donc de deviner. Vous dites n’importe quoi. L’autre jour, il a su voir le problème du patient aux urgences, et maintenant il a la note maximale.
Ce genre, il est impressionnant. »
« Très bien. Vraiment pas mal. Dépêchez-vous, vous autres.
»
Après l’écrit, mes collègues me disaient : « Jean, après ton départ ce matin, le chef et le directeur ont revu ta copie plein de fois. L’examen était très dur. Tu as perdu tes moyens. Tu n’étais pas prêt ?
»
« Ne t’en fais pas, ma note ne peut pas être mauvaise. »
« Cette fois, l’examen n’était pas simple. Même mon frère et moi, on n’aura que 70 ou 80. Mais toi, tu n’auras pas la moyenne.
»
« 70 ou 80 ? C’était si dur ? Comment avez-vous pu avoir une note pareille ? »
« Parce qu’on est doués.
Quant à notre cher intello, quand tu vas rater, il ne faudra pas pleurer. »
« Jean, l’examen était difficile, c’est normal de rater un peu. Au pire, on se rattrapera sur les épreuves pratiques. Ne les laisse pas te décourager.
»
« T’inquiète, rater l’examen, c’est impossible. Qui sait, j’aurai peut-être la note maximale. »
« Non mais, Jean, tu rêves éveillé ou quoi ? La note maximale ?
L’examen était si dur ? Tu penses vraiment l’avoir ? N’importe quoi. Depuis le temps que je te connais, je ne savais pas que tu te vantais tant.
Si tu as la note maximale, je me coupe la tête pour que tu joues avec. »
Quand les résultats tombèrent : « Les résultats de l’écrit sont tombés. Avant de vous les donner, je tiens à féliciter quelqu’un. Jean, il est le seul à avoir eu la note maximale.
»
« Quoi ? Un sans-faute ? Tu disais pourtant que c’était très dur. Comment a-t-il pu faire un sans-faute ?
Même les médecins d’ailleurs ne font pas le poids. »
« Tout simplement parce que Jean maîtrise parfaitement son sujet. Il n’a fait aucune erreur et il a répondu très vite. Vous devriez tous prendre exemple sur lui.
»
« C’est mort, mec. Jean a fait un sans-faute à l’écrit. On est tous en danger. »
« Tu as peur de quoi ?
Il reste l’épreuve pratique. Il a passé tout son temps à réviser. Pour la pratique, il doit être complètement nul. »
L’épreuve pratique consistait en une dissection sur un vrai corps.
« Chacun de vous aura un essai. Je vous donnerai juste une zone et vous devrez la trouver précisément. Une fois fait, vous devrez recoudre correctement. »
« Au premier, le premier, trouvez l’élévateur de l’anus.
»
Je procédai avec assurance. « Le muscle élévateur est près du plancher pelvien. Donc, j’ai choisi la position en canif. Après l’incision, on peut voir ce tissu jaune foncé.
C’est l’espace intersphinctérien. »
« Docteur, ce sphincter, pourquoi est-il jaune foncé ? »
« À cause du méthanol. Le méthanol crée une réaction avec les protéines du corps.
En écartant ses lambeaux, juste au milieu, on trouve le complexe sphincter externe. »
« C’est impressionnant. C’est un stagiaire ? »
« Mince, Philippe et les autres ne vont quand même pas se faire évincer par Jean.
»
« Directeur Laurent, j’ai fait une erreur quelque part ? »
« Où as-tu appris toutes ces connaissances en anatomie ? »
« Je lis des livres d’habitude, ou alors avec des vidéos sur des forums, je m’entraîne un peu. »
« Mais quel génie !
Tu lis juste des livres, tu apprends sur des forums et tu arrives à faire ça. Tu es un vrai génie. Chef Pin, vous avez failli faire perdre un génie à notre hôpital. Un talent comme Jean Duma, on doit le former avec soin.
»
« Oui, oui, bien sûr. »
Les résultats finaux : « 3e place, Julie Rousseau, service de pédiatrie. 2e place, Paul Vincent, service de néphrologie. Maintenant, je vais annoncer la première place.
Le premier de l’examen est Jean Duma. À l’écrit, note maximale. En pratique, 100/100. Va te présenter aux urgences.
»
« Aux urgences, c’est le service le plus chargé. On ne s’y arrête jamais. S’il t’y envoie, c’est qu’il croit en toi. C’est là qu’on progresse le plus.
»
« Puis-je vous demander, chef Pin, pourquoi mon frère n’a pas été retenu ? Et comment comptez-vous gérer ça ? »
« Comment ça, gérer ça ? Il y a vraiment quelque chose de louche.
Il n’a pas réussi la pratique. Je n’y peux rien. »
« Vous avez pris mes 100 000 € en promettant que je resterai. Maintenant, j’ai été remplacé.
Vous ne pouvez pas garder ces 100 000 € pour rien. »
« Chef Pin, vous en vouliez tellement à Jean juste pour ouvrir la voie au pistonné. Vous vendez des postes, chef Pin ? Ne devriez-vous pas nous fournir une explication ?
»
« Ce qu’ils disent est-il vrai ? Directeur Laurent, n’écoutez pas ces absurdités. Quand ai-je pris de l’argent ? Mathieu Dubois, as-tu des preuves ?
»
« Michel Pin, tu m’as trahi. Je ne te ferai pas de cadeaux. Personne ne s’en sortira indemne. »
« Mathieu Dubois, n’ose même pas.
»
« J’ai des preuves, je vais tout balancer. »
« Chef Pin, Mathieu Dubois, suivez-moi. Concernant cette affaire, je vous promets de tirer ça au clair. Je souligne un point.
En tant que médecin, refusez tout pot-de-vin, même des familles. Si ce n’est pas clair, allez me réciter le serment d’Hippocrate 100 fois. Et si ça ne suffit pas, allez chercher à l’entrée le manuel du médecin et copiez-le 100 fois. »
Le système me récompensa : « Félicitations, utilisateur du système, évaluation réussie.
Vous avez obtenu la première place. Voici votre récompense : 100 000 €, retirables via monnaie virtuelle. Récompense : chirurgie cardiaque, remplacement de valve artificielle. Connaissance pratique de l’opération.
»
« Trop bien, Jean. Les autres proposent de sortir ce soir. Tu as envie d’aller où ? »
« Ça m’est égal.
À vous de voir. On y va. »
« Pour devenir un grand médecin, j’ai fait un pas de plus. »
Soudain, quelqu’un m’interpella : « Jean, arrête-toi.
Jean, c’est à cause de toi que mon frère a perdu sa place ici. Tu vas voir. »
« C’est quoi le rapport avec moi ? C’est ton frère qui est nul, incompétent et qui joue les sournois.
Tu me mets ça sur le dos ? »
« À qui d’autre la faute ? De toute façon, je bosse aussi dans cet hôpital. On verra bien.
»
« Tu es sûr que le directeur Laurent ne remontera pas jusqu’à toi ? Toi, ton frère et toi, vous êtes de mèche. Tout l’hôpital le sait. Si le directeur, en s’occupant du chef Pin, te virait aussi, tu ferais moins le fier.
»
« On s’en va. »
Le système me crédita : « Votre transaction de crédit virtuel a réussi. Crédité : 100 000 €. »
« Génial.
Maintenant que je reste à l’hôpital, j’ai fait mon premier pas sur le chemin pour devenir un grand médecin national. Maintenant, je dois utiliser le système pour m’entraîner aux opérations, aider plus de patients à guérir et devenir un vrai grand médecin. »
« Bonus débutant utilisé. Désormais, l’utilisateur du système s’entraînera en salle virtuelle en échangeant des points de gratitude.
Ces points doivent être obtenus auprès des patients et de leurs proches. Ce n’est qu’en obtenant la gratitude sincère des patients et de leurs proches qu’il obtiendra les points correspondants. »
« Je vois. Mais cette fois, le système m’a offert en récompense une chirurgie cardiaque, le remplacement de valve artificielle.
Ce soir, je vais essayer de m’entraîner. »
Le lendemain, aux urgences : « Bon, le chef a un empêchement. Commençons la relève. Au fait, Jean, tu n’as pas encore ton diplôme.
Tu vas suivre le professeur Martin. J’espère que dans un an, tu l’auras du premier coup. »
« Merci, chef, je travaillerai dur. »
« Et bien Jean, à partir d’aujourd’hui, nous sommes collègues.
»
« C’est surtout grâce à vous, chef Martin, et à vos bons conseils. Allons-y. »
Une femme paniquée arriva : « Vite, sauvez ma fille ! Docteur, docteur, sauvez ma fille !
Elle s’est soudainement mise à étouffer et son visage est devenu tout bleu. Je vous en prie, sauvez-la. »
« Ne pleurez pas. Expliquez-moi la situation.
Quand votre fille a-t-elle commencé à avoir du mal à respirer ? »
« Elle jouait et s’est évanouie d’un coup. »
« Allô, urgence, examen urgent : radio du cœur, ECG, UCG. Merci de faire vite.
Professeur, voici les résultats. Hypertrophie du côté droit, sténose mitrale. »
« Avez-vous déjà amené votre enfant faire ce genre d’examen avant ? Est-ce que c’est bien la première fois aujourd’hui qu’elle a un problème cardiaque ?
»
« Non, on n’a jamais fait d’examen avant. Docteur, sauvez ma fille, s’il vous plaît. »
« Calmez-vous. Répondez à ma question.
Est-ce que l’enfant a déjà eu ce genre de crise dans le passé ? »
« Non, c’est la première fois aujourd’hui. »
« Il faut l’opérer tout de suite. Allez régler les frais.
Une avance de 100 000 €. Je prépare l’opération. »
« C’est quoi, ce médecin ? Écoutez, ne vous inquiétez pas.
La maladie de votre fille a l’air terrible, mais pour faire simple, c’est juste qu’une valve de son cœur est cassée. C’est ce qui fait que le sang circule mal. Il suffit de réparer cette valve pour qu’elle guérisse. »
« Ah, je vois.
Merci. Vous êtes bien plus fiable que l’autre médecin. Si vous arrivez à sauver ma fille, je vous donnerai la vie. »
« Non, ce n’est rien.
Allez, d’abord payer. On va préparer le chirurgien et le bloc. Emmenez-la au bloc. »
Au bloc, le chef de rang me dit : « Jean, tu veux assister à l’opération ?
Je me disais que les jeunes médecins ont besoin de ce genre d’occasion. »
« Merci, chef de rang. »
Le chirurgien, le docteur Petit, me regarda : « Un stagiaire ? Vous avez fait quel service avant ?
»
« Chirurgie générale, neurochirurgie, neurologie et soins intensifs. J’y suis allé plus de 10 fois. »
« Le bloc de chirurgie cardiaque et les autres services, c’est très différent. Ici, on respecte mes règles.
Si ce n’était pas par respect pour le chef de rang, je t’aurais déjà viré. Mais puisque tu es dans mon bloc opératoire, tu dois suivre mes règles. Dans ma salle d’opération, les stagiaires sans expérience et les médecins en formation n’ont pas le droit de toucher au moindre instrument chirurgical. C’est clair ?
»
Pendant l’opération, je remarquai : « Pourquoi la pression myocardique est si élevée ? »
« Oh non, chef Petit, besoin d’aide ? Allez, d’abord débrancher la CEC. Je vais contacter le service de chirurgie cardiaque et le chef Chevalier.
Et il faut prévenir la famille du patient. Pauvre petite, elle a été ouverte pour rien. »
« Attendez. L’écart de pression est dû au ventricule droit qui avait déjà trop de sang accumulé.
Des vasopresseurs pour stabiliser la tension. Puis en 5 minutes, on remplace la valve et on suture le péricarde. Et l’opération réussira. »
« Tu es qui, toi ?
Le docteur Petit n’y arrive pas. Tu parles facilement. Même lui n’y arrive pas. Si tu es si fort, vas-y.
»
« 1 mg d’adrénaline en intraveineuse. Ensuite, dans 5 minutes, je remplace la valve. Dans 5 minutes, l’opération sera finie. »
« Tu es fou.
Tu n’as pas le droit de faire ça. Si ça tourne mal, qui va assumer ? »
« Une vie est en jeu. J’en prendrai la responsabilité.
»
Je réussis l’opération. « Cette technique, tu étais vraiment stagiaire ? Tu as évalué à l’œil nu et trouvé la taille de la valve sans même de règles. Regarde cette suture, la valve est reliée au cœur de façon parfaite.
Ne serait-il pas un expert d’un grand hôpital venu ici pour enseigner ? »
« Les signes vitaux sont complètement rétablis. »
Le chef Chevalier arriva en colère : « Chef Petit, allez vite au bloc opératoire pour voir ça. Ce Jean Duma, le médecin interne, il a réussi seul à finir l’opération, et c’est un grand succès.
»
« Quoi ? Ce genre d’humain ? Comment a-t-il osé ? Excusez-moi, j’y vais tout de suite voir ce qu’il se passe au bloc.
»
La famille de la patiente me remercia : « Docteur Duma. Ce docteur vient de dire que c’est vous qui avez opéré notre fille. Merci. Sans vous, notre fille serait en grand danger.
Vous êtes bien mieux que les autres. »
« Je n’ai fait que mon travail. En prévenant les infections et avec des anticoagulants pour éviter les thromboses, elle pourra bientôt sortir. »
Mais le chef Chevalier me renvoya : « Écoute-moi bien, tu peux faire tes valises.
»
« Je fais tout pour sauver des vies et maintenant vous me mettez à la porte. C’est bon, on ne se reverra plus. »
« Un simple petit stagiaire. Tu crois faire des vagues ?
Tu veux même opérer si la patiente n’a rien eu. C’est juste un gros coup de chance. Au moindre problème, tu finissais en prison. »
Le professeur Martin me rattrapa : « Jean, tu n’as pas fini ta garde ?
Pourquoi tu te changes ? »
« Professeur, le chef Chevalier m’a renvoyé. »
« Quoi ? Le chef Chevalier t’a renvoyé ?
Jean, ne pars pas si vite. Dis-moi vite, dans la salle d’opération, que s’est-il passé exactement ? Le directeur Laurent est au courant. Mais ne t’inquiète pas, on va y aller ensemble et tout leur expliquer.
»
« Il y a eu un imprévu au bloc. Le chef Petit qui opérait a dit qu’il n’y arrivait pas. Il allait chercher le chef Chevalier, mais en la voyant allongée sur la table, sa vie ne tenait qu’à un fil. Alors, j’ai pris le relais.
Mais l’opération a été un succès. »
« Alors, tu as terminé l’opération tout seul ? La patiente a été transférée en soins intensifs, mais le chef Chevalier a dit que c’était un coup de chance et que je n’aurais pas dû l’opérer. »
« Si ce n’est pas de la chance.
C’est quoi, la chirurgie cardiaque ? Tu crois qu’un stagiaire peut en faire ? Quelle prétention ! J’ai demandé qu’on m’envoie la vidéo d’opération.
»
Au bureau du directeur, le chef Chevalier fulminait : « Chef de rang, regardez ce qu’il a osé faire. Un stagiaire à peine arrivé, sans même une licence, ose mener une opération. C’est un scandale. »
« Jean, tu es certes très doué, mais toi qui n’as même pas la moindre expérience, comment as-tu osé opérer ?
»
« Exactement, c’est contre le règlement. En cas d’accident, il irait direct en prison et ruinerait notre hôpital. »
« Jean, s’il a fait une grave erreur, je serai le premier à le virer. Mais pour l’instant, donnons une chance aux jeunes, pas vrai ?
Venez, on va regarder la vidéo. »
« Viens, t’inquiète pas, Jean, ça va ? J’ai entendu dire. T’inquiète.
Même si je suis renvoyé, je saurai rebondir. Tu l’as dit toi-même, avec mon talent, je réussirai n’importe où. »
En regardant la vidéo, le directeur Laurent s’exclama : « Oh là là ! Cette technique d’incision, cette façon de disséquer, c’est beaucoup plus pro que bien des chefs.
Jean, c’est vraiment toi qui as fait cette opération ? »
« Oui, c’est bien moi, mais je ne l’ai fait que parce que j’étais totalement sûr de moi. »
« Jean, tu es tellement doué. Dis, tu n’as pas utilisé de règles ?
Comment tu as mesuré la taille de la valve ? »
« Bah, avec mes yeux. Mes yeux sont la meilleure règle. »
« L’œil est la meilleure des règles.
Même le directeur Pierre n’oserait pas le dire avec autant de confiance. C’est vraiment hallucinant. J’en crois pas mes yeux. 20 minutes et 32 secondes.
C’est une blague, aussi vite ? C’est complètement dingue. Dans la région et même dans tout le pays, il n’y a pas de médecin aussi rapide et avec si peu de saignement. Même moi, je n’y arriverai pas.
Comment est-ce possible ? C’est juste un interne fraîchement arrivé. Comment peut-il être si doué ? »
« Chef Chevalier, même si Jean a été un peu impulsif, regardez cette opération, c’est un succès, non ?
Et la petite fille se porte bien. Cette histoire de renvoi, on devrait l’oublier. »
« C’est vrai, il semble que sa technique soit impressionnante. Qu’il pratique encore un peu.
Quand il aura son diplôme, il aura l’occasion d’opérer. »
« Jean était vraiment trop fort. Le chef Chevalier était tout rouge. Il devait être gêné.
Il voulait te renvoyer. Si c’était moi, je t’aurais augmenté pour te garder. »
« Qu’est-ce que vous racontez ? Le directeur Laurent est encore là.
Une promotion et une augmentation, ce n’est pas impossible. »
« Jean, au début, je pensais que tu excellais en anatomie, mais ton intervention a été remarquable. Je vais faire une exception. Directeur Laurent, que voulez-vous dire ?
Je vais faire en sorte qu’on augmente ton salaire, le double au minimum, et surtout, à l’avenir, accompagné d’un médecin, tu pourras aller au bloc. Ta prime sera doublée. »
« Jean, c’est inédit pour toi. Tu dois être le premier à toucher une prime de rendement comme médecin assistant.
»
« Non, merci, directeur Laurent. »
« Au fait, à partir de demain, Michel Pin ne sera plus là. L’hôpital va accueillir un nouveau médecin titulaire. Quant aux urgences, c’est Pierre Duran, le chef de rang, qui assurera l’intérim.
»
« Oui, directeur. »
« Bien, directeur. Félicitations pour fêter ton augmentation ce soir. Ça te dit un resto ?
»
« Désolé, je suis de garde ce soir. On remet ça. »
Le système me récompensa encore : « Félicitations, utilisateur du système, pour avoir sauvé un patient. Récompense : 5 000 €.
»
« Encore 5 000 €. Ça veut dire que chaque patient sauvé m’apporte une récompense. Le sauvetage doit être un succès. L’argent et la médecine à la fois.
Ce système est génial. Et aujourd’hui, j’ai gagné 60 points de gratitude, encore 40, et je pourrais apprendre une nouvelle intervention. Devenir un grand médecin, je m’en rapproche. »
Un collègue me dit : « Mec, tu fais quoi là ?
Regarde les messages du groupe. Claire et Antoine, ces deux-là sont gardés à l’hôpital Saint-Germain et ils vont même se fiancer. Avant ta rupture avec Claire, ils étaient déjà ensemble, c’est sûr. »
« Ça me regarde pas.
Je leur souhaite plein de bonheur. »
« Quoi ? Plein de bonheur ? Tu es vraiment…
Bon, laisse tomber tant que tu as tourné la page. Bon, je te laisse, je suis au boulot là. Quand tu passes à Paris, je t’invite à bouffer. »
« Claire, tu fais ton stage à la ville de la mer et moi je reste à Paris.
Cette séparation, c’est près de 2 000 km. À partir de maintenant, on sera deux lignes parallèles qui ne se croisent plus. Je te souhaite d’être heureux. »
Le chef Pin fut viré pour de bon.
« C’est dommage qu’il garde Philippe. Sa famille a le bras long. Les pots-de-vin, c’est sa famille. Le directeur Laurent a dit de donner aux jeunes une autre chance.
Mais qu’il reste, ça me regarde pas. »
« Professeur Martin, ce soir, c’est bien nous qui sommes de garde, c’est bien que tu le saches. Repose-toi bien la journée, ne t’endors pas ce soir. »
Un patient arriva : « Le patient a 53 ans.
Douleur lombaire gauche depuis une semaine, frissons aggravés depuis un jour. Il y a 2 heures, il a présenté de la fièvre et de fortes douleurs abdominales. La douleur lombaire s’est aggravée, transférée aux urgences. Le scanner et l’échographie ont déjà été réalisés.
Les résultats arrivent bientôt. »
« Présence de calculs dans les deux reins, accompagnée d’une hydronéphrose et d’une accumulation de gaz dans le bassinet. Si je ne me trompe pas, c’est un cas typique de pyélonéphrite emphysémateuse. »
« Ça doit être des calculs et une inflammation.
Dès qu’on a les résultats, tu pourras aller au bloc. Il souffre énormément. »
« Professeur Martin, je pense que ce n’est pas une simple rechute. C’est bien plus grave.
Ça a déjà évolué en pyélonéphrite. C’est très dur ici. Ce n’est pas un calcul. On dirait du gaz.
»
« Tu veux dire une pyélonéphrite emphysémateuse ? Tu n’as fait que palper et tu sais que c’est une pyélonéphrite emphysémateuse. À mon avis, tu racontes n’importe quoi. »
« La palpation ne suffit pas, mais sa douleur unilatérale et ses frissons sont typiques d’une néphrite.
Ajoutez à cela ses antécédents médicaux, son opération de calcul et son hyperglycémie, c’est facile à déduire. »
« Moi, je dis que le patient a un antécédent de calcul. Tu en sais plus qu’un néphrologue ? Utiliser l’état du patient pour se faire remarquer.
Franchement, tu ne mérites pas d’être médecin. »
« Mon diagnostic ne peut pas être faux. Mais toi, tu n’as même pas fait de palpation et tu oses poser un diagnostic. Fais attention, l’hôpital va te coller un blâme.
»
« Pas besoin de palper. Le risque de récidive est si fort, c’est forcément des calculs. Ces symptômes ressemblent au calcul. Il se trompe, c’est sûr.
Je vais le signaler à la direction de l’hôpital. Il aura un blâme dans son dossier. »
Les résultats arrivèrent : « Les résultats sont là. C’est bien une pyélonéphrite emphysémateuse.
»
« Quoi ? Diagnostiquer, ce n’est pas deviner au hasard. C’est totalement irresponsable envers le patient. Il a juste eu un coup de chance.
Pas de quoi se vanter. Je ferai pareil la prochaine fois. »
« Va me chercher le kit pour la pose de stent urétéral. »
« D’accord.
Docteur Duma, voici le kit. »
« On est tous les deux stagiaires. Pourquoi il a le droit de commander les infirmières ? Moi, en néphrologie, elle demande l’avis de Blanche.
»
« Docteur Martin, Jean n’a pas sa licence. Vous le laissez opérer, et s’il blesse le patient ? »
« Ce n’est qu’un simple stent. Pourquoi s’inquiéter ?
Et puis je veux vraiment voir la technique de Jean. »
« Quoi ? Ce n’est qu’un stagiaire. Il ne vaut pas votre attention.
»
« Tous les stagiaires ne se valent pas. Ne fais rien si tu n’es pas sûr. Quelle honte. »
« Oui, c’est compris.
C’est terminé. Mettons le patient sous antibiotiques. Actuellement, ses taux de globules blancs et de neutrophiles sont élevés. L’inflammation doit être sévère.
»
« D’accord. 1 g toutes les 6h. C’est noté. »
Plus tard, sur le groupe, je vis des messages de Claire.
« Parler comme ça sur le groupe, on pourrait croire que depuis notre rupture, je la harcèle. Elle veut faire croire que je suis un toutou, veut jouer les snobs devant nos camarades. Je vais devenir un grand médecin. Tes histoires d’amour, je m’en fous.
»
Un collègue me dit : « Tu as entendu parler de ce Jean Duma aux urgences ? Il est super fort. »
« Jean Duma, c’est qui, ça ? Un simple stagiaire en formation professionnelle.
J’ai entendu dire qu’il opérait déjà. Sérieux ? Impossible. Tu as entendu ça où ?
Qu’est-ce qu’il a de si spécial, Jean Duma ? Même son poste ici, il l’a volé à mon frère. »
« Voler à ton frère ? Pourquoi tu ne dis pas que j’ai eu 20/20 en théorie et en pratique ?
Vous deux, les frères ? Vous n’avez pas honte ? Pas un seul ne m’arrive à la cheville. Vous ne savez qu’aboyer, toi.
»
« Un 20/20 en théorie et en pratique à Saint-Louis. Ça fait vraiment très longtemps qu’on n’a pas vu un tel médecin. »
Soudain, une alerte : « Docteur Girard, chute des constantes au lit 23. Il est en choc, il faut le réanimer.
»
« Mais, docteur Girard, donnez l’ordre de réanimation. Qu’est-ce que vous attendez, docteur ? Sauvez-le vite, docteur, il va mourir. »
« Je vais appeler le docteur Fournier.
»
« Monsieur Duma, regardez-moi. Monsieur Duma. Le docteur Fournier est en urologie. L’urologie, c’est le 400601.
»
« Allô, docteur Fournier, revenez vite. Le patient du lit 23, ses constantes chutent d’un coup. Philippe n’arrive pas à gérer. Revenez vite.
»
« Vous vous êtes trompé de numéro. Allô ? »
« Vite, en salle de réa. Et toi, tu attends quoi ?
Bouge-toi. »
« D’accord. 0,5 mg d’adrénaline en IV. Préparez de la dexaméthasone en IV aussi.
Oxygène, moniteur ECG. Branchez-lui tout ça et préparez 500 ml de chlorure de sodium en perfusion. Ce patient, il a une néphropathie goutteuse ? »
« Non.
»
« Et il ose boire en cachette. Il cherche vraiment les problèmes. »
« Vous dites qu’il a bu en cachette ? Sa chambre sentait l’alcool.
C’était léger. Vous n’avez pas senti ? »
« Non. »
« Posez-lui une sonde urinaire d’abord.
Il ne risque pas de se réveiller de sitôt. »
Le docteur Fournier arriva : « Je m’absente un instant et il y a déjà un problème. Quelle est la situation ? »
« Docteur Fournier, vous voilà enfin.
Mon mari a failli mourir. Ce docteur Vincent, avec vous, est un incapable. Il ne s’est même pas réanimé. Je vais jeter un œil.
»
« Patient atteint de néphropathie hyperuricémique. Il a bu de l’alcool en cachette. En plus de l’acide urique élevé, ça a déclenché un choc anaphylactique aigu. »
« Comment savez-vous qu’il a bu ?
»
« En plus de sa chambre qui sentait l’alcool, le visage du patient a rougi. Il a eu du mal à respirer et sa tension et son pouls ont chuté. J’en ai déduit qu’il avait dû boire en cachette. »
« Heureusement que tu es intervenu à temps.
Infirmière, faites une prise de sang. Vérifiez la biochimie et l’acide urique. »
« Mais vous êtes vraiment un médecin. Le patient était devant vous et vous restiez planté là.
Vous êtes pourtant tous deux médecins. Pourquoi une telle différence ? Cet interne, il est bien meilleur que vous. Je vais vous signaler.
Je vais le faire tout de suite. »
« Vous le saviez, l’alcool. En tant que médecin, on lui conseille d’arrêter, c’est pour son bien. Mais en tant que famille, comment pouvez-vous le laisser boire ?
C’est lui faire du mal. Donnez-la-moi. Ah, on va la garder. On vous la rendra à sa sortie.
»
« D’accord. Qui aurait pu prévoir ça ? Docteur Fournier, gardez ça pour le patient. Vous le rendrez à sa sortie.
»
« Très bien. Tu as beaucoup de maturité. Si je ne savais pas que tu débutes ton stage, j’aurais cru que tu étais déjà titulaire. »
« Vous me flattez, docteur Fournier.
S’il n’y a rien d’autre, je retourne à mon service. »
« Entendu. Va voir ce qui t’a pris. L’infirmière m’a dit que face au patient en crise, tu étais complètement pétrifié.
C’est vrai. Docteur Fournier, quel incapable. Prends exemple sur Jean. Il garde son sang-froid.
Avec cette attitude, comment te faire confiance pour agir seul à l’avenir ? Vous êtes tous deux stagiaires. Lui n’a pas tremblé, mais toi, tu as paniqué. Toi alors ?
»
« Jean, où étais-tu passé en pleine nuit ? »
« Aux urgences néphrologiques, il y avait une réanimation. Ils ont dû se tromper de numéro. J’y suis allé pour jeter un œil.
»
« La néphrologie ? Appeler notre service des urgences. Le patient va bien ? »
« Oui, il est stabilisé.
»
« Tant mieux. Et pour ta dernière vidéo, je compte la poster sur un forum médical pour la partager et en tirer des leçons. Qu’en penses-tu ? »
« Pas de problème, ça ne me dérange pas.
»
« Je m’en occupe. Alors, c’est fait, c’est posté. Jette un œil. Je n’ai pas utilisé ton vrai nom, mais j’ai trouvé un titre plutôt amusant.
»
« Pas mal. Vous m’avez même donné un nom de code : Monsieur Duma. »
« Évidemment, je me suis dit, avec ton talent actuel, tu es l’un des meilleurs du pays. Si cette vidéo fait le buzz, l’attention sur toi va exploser.
Mais comme tu n’as pas encore de diplôme, du coup, on doit rester discrets. »
« Merci, professeur Martin. C’est ce que je pensais aussi. »
Je m’endormis et entrai dans la salle virtuelle.
« Dans la salle d’opération simulée, l’utilisateur du système peut non seulement récupérer de l’énergie, mais aussi s’entraîner aux opérations. 100 points de gratitude permettent de tirer au sort une opération de trois étoiles ou moins. 500 points permettent de tirer une opération de 4 étoiles. 1000 points permettent de tirer une opération de 5 étoiles.
J’ai gagné 190 points de gratitude aujourd’hui. Pourquoi ne pas tirer une opération de trois étoiles ou moins pour m’entraîner ? »
« Félicitations, vous avez obtenu une lymphadénectomie sentinelle rétropéritonéale par voie vaginale monotrocard, de 3 étoiles. J’ai de la chance, j’ai tiré une opération de trois étoiles du premier coup.
»
Un ami m’appela : « Allô, mec, le gars sur le forum, c’est toi, Monsieur Duma ? J’ai bien regardé, ça te ressemble tellement. Un an sans se voir et tu as oublié ton père. Va te faire…
C’est vraiment toi, alors ? »
« Tu sais très bien qui je suis, mais pour l’instant, n’en parle pas. Je n’ai pas encore de diplôme, alors on reste discrets. »
« Compris, chef.
Allez, c’est bon, je te laisse, je bosse. »
« Je trouve que ce Monsieur Duma a l’air plutôt jeune et super beau gosse. Tu as vraiment honte de rien. Tu te lances vraiment des fleurs.
Lâche-moi la grappe. »
Le professeur Martin me dit : « Jean, tu as lu le forum ? »
« Professeur Martin, vous vouliez me dire que ma vidéo d’opération a fait le buzz ? »
« Exact.
En quelques jours, elle a dépassé les 100 000 likes. Je l’ai postée le soir, puis j’ai complètement zappé. Mais le lendemain, en allant vérifier, rien que les messages non lus, c’était à plus de 999. En fait, professeur, je ne veux pas donner mon vrai nom.
Donc si jamais à l’avenir on poste encore des vidéos, continuons avec Monsieur Duma, ça suffira. »
« T’inquiète, j’ai compris. »
Un nouveau chef arriva : « Je vous présente le nouveau chef de vos urgences à l’hôpital Notre-Dame de Paris. Il a travaillé des décennies.
Il a une très riche expérience en réanimation. J’espère que vous allez bien coopérer. »
« Bonjour à tous, je suis Lucien Lefort. J’espère qu’on pourra apprendre ensemble.
Je viens d’arriver, j’ai beaucoup à découvrir. Je compte sur vous pour me guider. »
« Très bien. Directeur, chef, Jean et moi sommes de garde aujourd’hui.
On doit y aller. »
Une jeune patiente arriva : « Qu’est-ce qu’elle a ? Si jeune et déjà un cancer. »
« Que se passe-t-il ?
Elle se plaint de douleurs accrues depuis un mois, de vertiges et de fatigue depuis hier. Vite, fais passer des examens. »
« Le scanner est fait. Jean, regarde ça.
Faisons une IRM. »
« Docteur, qu’est-ce que j’ai ? Où est votre famille ? Dites-leur de venir.
Docteur, vous êtes si beau et si gentil. Ne me mentez pas. Dites-moi la vérité. Je peux l’encaisser.
»
« Pour le moment, on soupçonne un cancer de l’endomètre. Pour en être sûr, il faudra faire une biopsie. »
« C’est quoi, un cancer ? Cancer de l’endomètre ?
C’est impossible. Je suis si jeune. C’est impossible, docteur. »
« Ça se soigne.
Je peux guérir. Calmez-vous d’abord. Vous en êtes à un stade précoce. De plus, il n’y a pas de métastase.
Si l’opération se passe bien, vos chances de survie sont très élevées. »
« D’accord, professeur, envoyons en gynéco. »
Au bloc, la chef Dubois me demanda : « Docteur Duma, j’ai confiance en vous. Aidez-moi, s’il vous plaît.
Restez avec moi ici. Si je ne vois pas un beau visage à côté de moi, je me sens très angoissée. Je suis morte de peur. »
« Restez, discutez avec elle.
De toute façon, un stagiaire n’est pas si occupé. »
« Avez-vous des enfants ? »
« Oui, j’ai une fille très mignonne. »
« Tant mieux, parce que cette fois, on va vous retirer l’utérus.
Vous pourriez perdre votre fertilité. »
« Non, je veux dire, l’important, c’est votre vie. Au moins, vous avez une fille adorable. »
« Regardez comme vous êtes tendu.
Ça ne me dérange pas du tout. De toute façon, dans ma vie, je ne voulais qu’un seul enfant. Détendez-vous. Respirez profondément.
»
Soudain, une complication : « Vite, passez-moi les pinces. Rupture de l’artère iliaque externe. Pince hémostatique de 14 cm. Pince courbe.
»
« Vous êtes qui, vous ? Notre chef est là. C’est à vous de diriger. En détachant l’utérus, vous avez coupé l’artère en dessous.
»
« Chef, tu vois ? Comment vous le savez ? La tension de la patiente chute, elle est déjà descendue à 80 sur 58 mm. Docteur, qu’est-ce qui m’arrive ?
»
« Vite, aspirer et nettoyer le champ. Le saignement est arrêté, mais il faut vite suturer le vaisseau. »
« C’est déjà fait. Vous avez mis la main et c’est réglé.
Ça a vraiment marché. La tension et le pouls sont stables. Vite, aspirez et nettoyez le champ tout de suite. Le champ est parfaitement clair.
C’est déjà suturé. Pas une seule goutte de sang. Cette technique de suture… C’est déjà suturé.
C’est bon, vous pouvez reprendre l’intervention. »
« Et si tu devenais mon premier assistant, Jean Duma ? »
« D’accord. »
« Chef Dubois, lors du décollement du col, décalez le scalpel à droite, coupez à 1 mm.
Il y a moins de vaisseaux là. »
« Entendu. Doucement, l’uretère est juste à côté. »
« D’accord.
Près du ganglion sentinelle, les ganglions environnants peuvent aussi être retirés pour éviter la propagation. »
« Entendu. Attention, évitez le nerf obturateur. »
« Bien.
Est-ce vraiment celle qu’on connaît ? La chef Hélène Dubois. Incroyable. C’est vraiment le stagiaire qu’on connaît ?
»
« Enfin, terminé. Génial. Encore 50 000 € de gagnés. »
Un collègue me dit : « Jean, tu ne serais pas allé en gynéco ce matin pour opérer ?
Tu es vraiment allé ? Alors, cette rumeur qui tourne à l’hôpital, le fameux stagiaire qui a guidé la chef Dubois, c’était toi ? »
« Ouais. »
« Mon dieu !
Celui qui a guidé la chef Dubois, c’est vraiment toi ? Tu es un monstre, Jean. Je m’en doutais que le nouveau stagiaire, c’était toi. C’est clair, on est tous les deux stagiaires.
Je suis trop jaloux. »
« C’est Jean Duma. Il est trop beau. Grave.
Encore plus beau qu’en photo. »
« C’est bon, restez discrets. Professeur Martin. »
« Jean, on est de repos demain.
On sort. J’ai demandé à ma femme de te présenter quelqu’un. Qu’est-ce que tu en dis ? »
« Pourquoi pas ?
On va où demain ? »
« Je peux pas te le dire pour le moment, mais je peux te dire un truc. Cette fille, c’est une cousine éloignée de ma femme. Elle bosse au même endroit et physiquement, elle est trop mignonne, avec de grands yeux.
Et sa famille, ses parents sont profs. »
« Alors d’accord, on verra ça demain. »
« Super. N’oublie pas.
»
« Tu m’étonnes. Je suis qui, à ton avis ? »
« Apprends-moi, on n’est plus des potes. Prends-moi comme disciple.
»
« Ah non, pas possible. Demain, mon collègue me présente une fille. Je vais aller la voir. »
« J’ai encore sauvé un patient aujourd’hui.
Je devrais gagner de bons points de gratitude pour les échanger contre des chirurgies. Sur la voie du grand médecin, j’ai fait un pas de plus. Ah, une montre à 150 000 € achetée sur un coup de tête. C’est si bon d’être riche.
»
Le lendemain, au rendez-vous : « Le voilà, c’est lui, professeur Martin. Oh, Jean, tu es très élégant aujourd’hui. Pour une rencontre officielle, faire un petit effort sur sa tenue, c’est une marque de respect. Ah, au fait, laissez-moi faire les présentations.
Voici ma femme et voici sa cousine éloignée, Élise Martin. Et lui, c’est celui dont je vous parlais tout à l’heure, mon collègue Jean Duma. »
« Bonjour. Comme ma cousine, je suis à l’école primaire Lumière en tant que professeur.
Le professeur Martin m’en a parlé. Au fait, Jean, où habite ta famille ? »
« Ma famille, je n’en ai plus. Au lycée, mes parents sont décédés.
Ce n’est rien. Ne t’en fais pas, je vis très bien maintenant. »
« Alors, tu veux dire que tu n’as pas de maison à toi ? »
« C’est ça.
En ce moment, je n’ai ni maison ni voiture. »
« Ni maison ni voiture ? Être beau gosse, ça sert à quoi ? Élise, écoute-moi bien.
Jean, c’est un excellent médecin. Même le directeur dit qu’il est un génie rare. L’argent, la maison, la voiture, pour Jean, ce n’est vraiment qu’une question de temps. »
« Une question de temps.
Combien de temps ? François, tu ne sais pas à quel point la jeunesse d’une femme est précieuse ? Pourquoi devrais-je l’attendre et lui donner du temps ? Ne crois pas que j’ignore qu’un stagiaire ne gagne que 1 000 € par mois.
Il faut une voiture et une maison. Sinon, si je me mets avec lui, je vais devoir aller au travail en scooter électrique tous les jours. François, je pensais que tu me présenterais au moins un héritier riche et puissant. À l’avenir, ne me fais plus rencontrer ce genre de minable.
»
« Assieds-toi, reste assise. Finissons de manger d’abord. »
« Oui, c’est ça. Jean est peut-être jeune, mais dans le milieu médical, il va très certainement se faire un nom.
»
« Se faire un nom ? Lui, tu rigoles ? Puisque c’est comme ça, je pense qu’il n’est pas nécessaire de continuer. Bon, professeur Martin, considérez qu’aujourd’hui, c’est moi qui vous invite, s’il vous plaît.
»
« L’addition, s’il vous plaît. Simple interne. Avec quoi tu vas payer ? Tu sais que ce restaurant est super cher ?
»
« Bonjour. Ça nous fera un total de 2 273 €, en espèces ou par WeChat ? »
« WeChat. »
« C’est une Rolex à plus de 100 000 €.
Tu n’as ni voiture ni maison. Tu es qu’un pauvre médecin sans le sou. Comment tu as fait pour te payer une Rolex ? »
« Vraiment désolé de t’avoir laissé payer.
Tu as tout réglé aujourd’hui. Vraiment désolé. »
« Je vous l’ai dit, professeur Martin. Considérez qu’aujourd’hui, c’est moi qui vous invite.
S’il n’y a rien d’autre, je vais y aller. »
« Ne me dis pas qu’il est secrètement un fils de riche. Docteur Duma, attendez. Genre, docteur Duma, je me dis soudain que nous pourrions peut-être essayer de mieux nous connaître.
Quand je parlais de bonnes conditions, en fait, ce sont mes parents. Ils veulent que j’aie une vie facile. Moi, ce n’est pas ce que je voulais dire. Docteur Duma, si je tiens vraiment à quelqu’un, galérer un peu ne me fait pas peur.
Et tout à l’heure, les choses que j’ai dites, c’étaient idiot de ma part. Ne le prenez pas mal. D’habitude, je ne suis pas comme ça. »
« Élise, c’est ça, en fait, ce que tu viens de dire, on n’est pas dupes.
En descendant tout à l’heure, il y a une boutique de thé en face. Ils ont du thé Long Jing millénaire. C’est parfait pour toi, hein. »
« Qu’est-ce que ça veut dire ?
François, ce Jean, il a de l’argent ou quoi ? La Rolex à son poignet, c’est une vraie. Laisse-moi te dire, Jean Duma, c’est celui qui a le plus de potentiel que je connaisse. Il n’a peut-être pas d’argent maintenant, mais dans moins de 5 ans, il fera en sorte que toi et Élise Martin, tu deviennes quelqu’un qui ne pourra même pas l’atteindre.
Moi, le grand Jean, je ne manque pas de prétendantes. Pas besoin de subir tes conneries. »
« Comment c’est, elle, pour le rencard ? C’est Henry Boucher qui l’a dit.
Henry Boucher, quel abouti ! Je vais à un rendez-vous et toute la classe le sait. Quand tu m’as plaquée, tu t’en foutais de moi. Si j’ai des rendez-vous, c’est pas tes oignons.
»
« J’ai accumulé pas mal de points de gratitude ces derniers jours. Je vais tirer d’autres chirurgies. Cette fois, je veux tirer de 4 étoiles. Tirage en cours.
Félicitations, vous avez obtenu l’embolisation d’un anévrisme vertébro-basilaire. Connaissances opératoires. Félicitations à l’utilisateur. Vous avez obtenu le pontage coronarien.
Connaissances opératoires. Oh mon dieu, ces deux interventions sont si complexes et elles ne valent que quatre étoiles. »
« Chers étudiants, le 15 du mois prochain, venez chercher vos diplômes. »
« Professeur, à propos du diplôme, un proche peut le prendre ou l’envoyer par la poste ?
»
« Non, présence obligatoire. Impossible de déléguer. »
« Je dois vraiment aller à Paris. »
« Qu’est-ce qu’il a, Jean ?
Notre grand docteur Jean Duma n’aurait même pas l’argent pour aller à Paris. Tu veux que je te paie le billet ? »
« Bah oui, exactement. Dans ce cas, envoie-moi l’argent par virement.
»
« Tu manques vraiment pas d’air. Tu oses me demander de l’argent ? »
« Eh bien, notre jeune maître Antoine ne va pas me dire qu’il ne peut pas se permettre ça. Si.
Ah, j’oubliais de te dire, l’aller-retour coûte dans les 3 000 €. Fais le virement vite et ne radine pas. »
« 3 000 €, c’est d’accord. Je viens de gagner 3 000 € sans rien faire.
Allez, je vous paie des fruits. »
« Tu distribues de l’argent comme ça, il t’en reste pour toi ? »
« Il a osé me bloquer. Bien fait que tu sois sans le sou.
Bien fait que tu sois pauvre. Truand. Pauvre type, sale con. Heureusement que je t’ai quitté.
»
Le directeur Laurent et la chef Dubois me convoquèrent : « Directeur Laurent, chef Dubois, vous vouliez me voir ? »
« Directeur Laurent, vous connaissez Jean Duma ? Que se passe-t-il avec Jean ? Jean est tellement talentueux, il a même dirigé deux opérations dans notre service.
Le chef Picard et moi, on trouve qu’il est fait pour la gynécologie. Pourquoi ne pas le transférer dans notre service ? »
« Chef Dubois, c’est pas très sympa de votre part. Jean est dans notre service.
Il y est très bien. Pourquoi le muter en gynéco ? »
« Il travaille très bien aux urgences, mais il opère si bien, je le vois plus en gynéco. »
« Qui a dit ça ?
Les urgences peuvent très bien opérer aussi. »
« Tu parles, les urgences s’occupent des cas critiques. On y opère très peu. Seule la gynéco permettra à Jean de montrer son talent.
»
« Je trouve qu’il est mieux aux urgences. »
« La gynéco. »
« Les urgences. »
« Bon, bon, arrêtez, vous deux.
Directeur Laurent, dites-moi, êtes-vous d’accord pour muter Jean en gynéco ? »
« Écoutez, si je l’ai mis aux urgences, c’est que ça lui convenait mieux. Mais chef Dubois, rassurez-vous, si jamais vous avez besoin de ses services, allez le voir. Je suis sûr qu’il ne refusera pas.
»
« D’accord, directeur, je vous laisse alors. »
« Très bien, directeur. L’hôpital Sainte-Marie de Paris organise le mois prochain un séminaire sur le pontage coronarien. Ils m’ont invité.
J’aimerais y emmener Jean pour qu’il apprenne. Qu’en pensez-vous ? »
« Bien sûr, aucun problème. Jean est de notre hôpital, le jeune médecin le plus doué.
L’emmener se former sera très bien pour l’hôpital. Allons le chercher. »
« Jean, cette fois, le chef Lefort a trouvé une superbe opportunité. »
« Merci, chef Lefort.
»
Soudain, des cris : « À l’aide ! Reculez, reculez tous ! À l’aide ! Au secours, espèce de charlatan !
Tu oses demander de l’aide ? Ma femme venait juste d’accoucher à l’hôpital et elle est morte sur ta table. Mon fils n’a plus de mère. »
« Monsieur, ne vous énervez pas.
L’embolie amniotique est une complication très complexe. On a tout tenté, mais elle n’a pas survécu. J’en suis vraiment désolé. »
« Je m’en fous.
»
« Non, non, monsieur, calmez-vous un peu. Écoutez, si cette affaire est la faute de l’hôpital, on vous indemnisera. Oui, oui, oui, calmez-vous. Posez d’abord ce couteau.
Posez ce couteau. »
« Régler le problème ? Je ne suis pas venu pour régler le problème. Je suis venu pour faire payer Sophie Renault.
»
« Directeur ! Directeur ! L’artère pulmonaire est touchée. Si ça continue, elle va faire un choc hémorragique.
»
« Et jeune homme ! Jeune homme ! Calmez-vous ! Allez vite, posez ce couteau.
»
« Tu es qui, toi ? Pourquoi je le poserais ? »
« Je suis le directeur. Dites-moi ce qui ne va pas.
»
« Le directeur ? J’en emmènerai au moins un avec moi. »
« Infirmière, oxygène, ECG, plasma et le matériel d’urgence. Vite !
Mince ! La tension a chuté ! Systolique à 80, elle va faire un choc. Adrénaline et lobéline.
Sa tension ne tient pas. Il faut l’emmener au bloc. On n’a pas le temps. »
« Jean, qu’est-ce que tu fais ?
Qu’est-ce qu’il fabrique ? Il peut vraiment la sauver comme ça ? On évite le chef Renault en salle d’opération. »
« Quoi ?
Tu veux arrêter l’hémorragie à l’aveugle ? C’est complètement impossible. »
« Oh là là, la tension est stable. Comment tu as fait ça ?
C’est possible de faire ça ? Il a arrêté le saignement. Juste avec des pinces. C’est ouf.
Vite, continuez l’adrénaline. »
« Sophie Renault, tu mérites de crever. Tu vas pourrir en enfer. Rends-moi la vie de ma femme.
Rends-moi ma femme. »
« Qu’est-ce que tu as à la jambe ? »
« C’est rien. Quelques points de suture et c’est bon.
Viens, je t’emmène te faire soigner. »
« Quel grand médecin ! Merci de vous inquiéter pour moi. »
« D’accord.
Le chef Lefort a appelé pour dire que le chef Renault est sauvé. J’avais déjà stoppé le saignement. Tant qu’on suture les vaisseaux pour établir le flux pulmonaire, ça devrait aller. »
« Jean, d’abord, en mon nom personnel, merci de m’avoir sauvé.
Ensuite, au nom de l’hôpital central Saint-Louis, je te remercie. »
« Non, ce n’est pas la peine, directeur. Tant que vous ne m’en voulez pas pour le coup de pied. »
« Comment pourrais-je vous en vouloir ?
C’était pour me sauver. Mais cette fois, je m’en souviendrai. J’ai plus de 50 ans et tu es le premier à m’avoir donné un coup de pied. »
« Tant que ça ne vous dérange pas, allons voir le chef Renault.
»
« D’accord. Viens. »
« Merci, directeur. »
« De rien.
Ne vous inquiétez plus, l’opération est un succès. Le chef Renault est hors de danger. L’hémorragie fatale de l’artère pulmonaire. Le saignement est arrêté.
Elle devrait se rétablir en une semaine. »
« Merci beaucoup. L’essentiel, c’est qu’elle aille bien. Au fait, j’ai entendu dire qu’un jeune médecin l’a sauvée à temps.
Qui est ce médecin ? Je veux le remercier en personne. »
« Jean Duma, de notre hôpital, c’est le jeune médecin le plus séduisant. C’est grâce à lui.
»
« Docteur Duma. Attention, vous êtes blessé ? »
« Ce n’est rien. J’ai été blessé par accident par le proche du patient, mais la plaie a déjà été soignée.
Ne vous inquiétez pas. »
« Merci, docteur Duma. Sans votre intervention rapide, ma femme aurait sans doute… »
« Je vous en prie, nous sommes tous médecins et collègues.
C’est normal de s’entraider. »
« Tout à fait. Oh, au fait, Jean, c’était tellement critique. Comment as-tu pu utiliser la pince et arrêter le sang d’un seul coup ?
»
« Après avoir ouvert, on a vu que la position de fermeture pour l’hémostase se trouvait exactement 1 cm sous la plèvre. C’est simple, la position anatomique de la plèvre devrait se situer en bas du cœur droit. En dessous, c’est l’artère pulmonaire. On insère la pince et on sent une résistance.
Si elle est faible, c’est que le sang s’écoule. Ensuite, on clampe et le tour est joué. »
« Et tu appelles ça simple ? Clamper à l’aveugle.
L’artère pulmonaire rompue. C’est simple. Un jugement aussi précis montre que tu connais le corps humain sur le bout des doigts. Ce don est vraiment rare.
La plupart des médecins seraient incapables. »
« Sur le coup, je voulais juste la sauver. Je n’ai pas réfléchi plus que ça. »
« Jean, ta blessure à la jambe pendant bien 3 à 5 jours, tu auras du mal à marcher.
Même avec des antibiotiques, ça s’infecte facilement. Faisons comme ça. Je te donne quelques jours de congé pour que tu te reposes bien. Quand tu seras guéri, j’organiserai une cérémonie pour toi.
»
« Pour me récompenser ? »
« Et oui, tu m’as sauvé. Tu as sauvé le chef Renault. Ça mérite bien une récompense.
»
« Non. Allons-y. »
« D’accord. Repose-toi bien.
Jeune et talentueux, en effet. »
Une collègue me dit : « Jean, qu’est-ce que tu as à la jambe ? Viens, je t’aide. »
« Ah, un agresseur, un proche de patient m’a donné un coup de couteau.
Mais ça va, c’est déjà recousu. »
« Un agresseur ? C’est de toi qu’on parle, le médecin qui a sauvé le chef Renault. »
« Pour l’hémorragie, c’est bien moi qui l’ai arrêtée, mais ensuite l’opération a été faite par le chef Lefort.
»
« Jean, tu es vraiment de plus en plus fort. Clamper à l’aveugle et sauver le chef Renault. En plus, elle est toujours si gentille. Si elle était morte ici, ça aurait été affreux.
»
« C’est clair. Euh, appuie-toi sur moi, ça te soulagera un peu. »
« Hop, hop, soutiens-moi juste comme ça. »
« Euh, d’accord.
On y va. »
« Merci, hein. »
« De rien. Doucement.
»
Un ami m’appela tard le soir : « Allô ? Il est si tard, tu ne dors pas ? Pourquoi tu me harcèles au téléphone ? Tu dors encore ?
Tu es passé aux infos ? »
« Tu sais pas quelles infos ? Cet après-midi, tu as bien sauvé un médecin poignardé ? »
« Ouais.
»
« C’est passé aux infos ? Bah oui, regarde vite, j’ai vu la vidéo postée sur le groupe des collègues. Franchement, mon pote, toi à genou pour le sauver, c’était vraiment dingue. »
« Vous avez vu, dans la vidéo, le médecin qui a sauvé la victime.
Même s’il est flouté, on sent qu’il est beau gosse. C’est clair. Et pendant la réanimation, il est resté tellement calme, avec juste une pince, il a stabilisé l’attention. Je l’admire trop.
»
« Il faut bien l’avouer, ce jeune médecin a géré l’urgence comme un vrai pro. Si j’avais été sur place, j’aurais sûrement fait la même chose que lui. »
« Quel culot ! Tu ferais pareil ?
Ce que tu racontes, tu y crois toi-même ? J’ai la vidéo nette et sans flou. Regardez ça. C’est Jean Duma.
C’est Jean Duma. Mon dieu ! Jean Duma, depuis quand tu es si fort ? C’est vraiment Jean Duma.
Sans voir son visage, je croyais que c’était un pont revenu de l’étranger. »
« Rien d’exceptionnel. Si j’étais à sa place, je gérerais ça de façon bien plus pro. C’est juste sauver une vie.
»
« Waouh ! Depuis quand Jean Duma est si fort ? S’accroupir malgré la douleur pour sauver quelqu’un, il est vraiment trop beau. »
Lors de la réunion, le directeur Laurent prit la parole : « S’il vous plaît, un peu de silence.
Aujourd’hui, cette réunion porte sur la récente agression d’un médecin. Cet incident est un vrai signal d’alarme. Durant cet incident, il y a une personne qui mérite d’être félicitée. Cette personne, c’est le médecin des urgences, Jean Duma.
Incroyable, une hémostase à l’aveugle. Je suis bluffée. Jean a quand même rendu l’hôpital Saint-Louis célèbre. Mes amis me posent tous des questions sur lui.
Jean a bravé la douleur pour sauver notre confrère en danger. Son grand calme et son sang-froid sont un exemple à suivre, surtout pour les jeunes qui s’évanouissent face au sang. Prenez tous exemple sur Jean. Je te dépasserai un jour.
Donc, pour récompenser Jean pour son attitude exemplaire, au nom de l’hôpital central Saint-Louis, je remets à Jean 20 000 €. »
« Il y a même une prime. Mon dieu, c’est notre première prime. Jean, viens, faisons une photo.
»
« Jean, d’ici quelques temps, le chef Lefort va aller à l’hôpital Sainte-Marie de Paris pour une conférence. Il a expressément demandé ta présence. Tu es partant ? »
« Bien sûr que oui.
»
« D’accord. Alors, profites-en pour bien apprendre. Pour devenir un grand médecin, l’apprentissage est indispensable. »
Un couple arriva : « Docteur, ma femme a mal au ventre.
Pouvez-vous l’examiner ? Y a-t-il un problème avec le bébé ? »
« Voici ses résultats. C’est une appendicite.
Si elle s’aggrave, votre vie sera en danger. Donc, je vous conseille d’opérer immédiatement. »
« Mais l’anesthésie de l’opération pourrait faire du mal au bébé. Non, j’ai eu tellement de mal à tomber enceinte.
Docteur, je vous en supplie, je veux garder ce bébé. Trouvez une solution sans m’opérer. Ou alors, sans anesthésie, c’est possible d’opérer. »
« Docteur, n’écoutez pas ma femme.
Sauvez ma femme. L’enfant attendra. Sauvez d’abord la vie de ma femme. »
« Calmez-vous.
Notre rôle de médecin en cas d’urgence est de sauver d’abord la vie de la mère. »
« Non, je refuse. Je veux garder mon enfant. »
« Le problème actuel, c’est qu’il faut retirer l’appendice, sinon on perdra la mère et l’enfant.
Vous comprenez ? Mais cette opération nécessite une anesthésie générale. Si on n’en utilise pas, la douleur corporelle intense provoquera des contractions et causera une fausse couche. »
« Chérie, le bébé m’a donné des coups l’autre jour.
Si on fait une anesthésie et s’il naît avec une malformation… Ne pleure pas, chérie, je serai toujours là pour toi. Docteur, on ne peut vraiment pas s’en passer ? »
« Ma paroi utérine est naturellement fine.
C’est mon premier enfant et probablement le dernier. Je vous en supplie, c’est peut-être mon seul enfant de toute ma vie. »
« Calmez-vous d’abord, j’ai une solution. »
« Quelle solution à ce stade ?
Franchement, si on n’opère pas vite, l’enfant ne survivra pas. »
« J’ai vraiment une solution. Une anesthésie locale suffira. »
« Quoi ?
Locale ? Une opération si profonde sous anesthésie locale ? »
« Anesthésie locale. En contrôlant bien la dose, vous ne ressentirez aucune douleur et l’opération se déroulera bien.
Toutefois, cette opération exige du médecin une extrême rapidité. »
« L’anesthésie locale ou autre, peu importe, tant que vous sauvez ma femme et mon bébé. Mais pourriez-vous nous trouver un médecin plus âgé et expérimenté ? »
« Oui.
Je suis désolé, cette opération, je suis le seul à pouvoir la faire. »
« Laissez plutôt le chef s’occuper de nous. Je paierai plus s’il le faut, tant que ma femme et mon bébé vont bien. »
« D’accord.
Je préviens l’obstétrique, la gynéco et la chirurgie générale pour une consultation. »
Le mari alla voir les chefs : « Attendez, tout à l’heure, aux urgences, un médecin a dit qu’on pourrait envisager l’anesthésie locale. »
« Qui vous a parlé d’anesthésie locale ? À 25 semaines, plus de 6 mois de grossesse, cette opération est impossible sous anesthésie locale.
»
« Mais il a dit pouvoir le faire. Je crois que c’est un jeune docteur nommé Jean Duma. Il a dit être le seul ici à pouvoir faire cette anesthésie. »
« Évidemment, c’est Jean Duma.
Il dit la vérité. Il est vraiment le seul à pouvoir le faire. Ah, c’est Jean. Fallait le dire plutôt.
Faites-lui confiance, c’est tout. Allez voir Jean pour l’opération. »
« D’accord. Viens, chéri.
»
« Jean Duma, tu peux opérer sous anesthésie locale. Pourquoi avoir demandé une consultation ? »
« Je n’avais pas le choix. Il voulait trouver un chef plus expérimenté.
»
« Pardon, docteur Duma, nous ne savions pas. »
« Ce n’est rien. Allons au bloc opératoire. Je vous y expliquerai les précautions.
Il faut opérer au plus vite. »
Au bloc, je rassurai la patiente : « N’ayez pas peur, détendez-vous. L’anesthésie locale est sans douleur. Faites-moi confiance.
Vous et votre bébé serez en sécurité. »
« D’accord. Je vous fais confiance. Docteur Duma, ne soyez pas tendu.
L’anesthésique est déjà injecté. Il fera effet dans un instant. »
« Bistouri. Vous sentez quelque chose ?
»
« Ah, vous avez déjà commencé ? Oui, c’est incroyable. Je ne sens absolument rien. »
« Voilà, l’opération est réussie.
»
« C’est déjà fini ? Ça fait même pas 10 minutes. Votre appendice. L’opération est un succès.
»
« Merci beaucoup, docteur Duma. Utiliser cette méthode pour opérer une femme enceinte, c’est du jamais vu. »
« Pour cette dernière vidéo, quel titre devrais-je choisir ? Dernière opération de Monsieur Duma.
Laparoscopie sous anesthésie locale. Patiente enceinte de 25 semaines et appendicectomie. »
Le système me récompensa : « Félicitations, utilisateur du système. Récompense : 50 000 €.
»
Un collègue me dit : « Genre, regarde ça. L’hôpital Sainte-Marie de Paris. Oui, l’état de leur patiente est encore plus grave que la nôtre. Alors, réponds-lui tout de suite si c’est vraiment une appendicite aiguë.
À 29 semaines de grossesse, avec les jours qui passent, son appendicite ne fera qu’empirer. »
« Allô ? Bonjour. »
« Bonjour.
C’est bien Monsieur Duma ? »
« Oui, je suis l’assistant de Monsieur Duma. Je m’appelle François Martin. »
« Professeur Martin, depuis quand êtes-vous assistant ?
Pourriez-vous nous en dire plus sur l’état de la patiente ? Nous vous répondrons très vite. »
« Qu’est-ce qu’il a dit ? C’est une patiente de 41 ans, une grossesse tardive.
Elle est enceinte et fait du diabète. La situation n’est pas très bonne. Leur hôpital a dit que si tu acceptais d’y aller pour des consultations et de les aider pour l’opération, l’hôpital serait prêt à te donner 10 000 € pour l’opération. Ils ont vu la vidéo de mon opération et c’est pour ça qu’ils m’ont contacté.
»
« Tu y vas ou pas ? »
« J’y vais. Contactez-les vite. Dis-leur qu’aujourd’hui, j’arriverai à Paris cet après-midi.
»
« D’accord, chef Lefort. Euh, je j’aimerais prendre un congé. »
« Un congé pour aller où ? »
« À l’hôpital Sainte-Marie de Paris.
Il m’invite pour une opération. »
« Quoi ? L’hôpital Sainte-Marie ? Pour quelle opération ?
»
« Appendicectomie sur une femme enceinte. »
« Je comprends mieux. D’accord. Vas-y, chef.
Moi, je veux y aller aussi. »
« Si je veux y aller, c’est pour pouvoir assister Jean, l’aider un peu. Avec le départ de Jean, il manque quelqu’un aux urgences. Si tu pars aussi aujourd’hui, qui va gérer la salle de réa ?
»
« Bah, il y a Denis. Ce jeune homme, ces deux jours, on va le faire bosser un peu. À notre retour, on lui paiera un resto. »
« Ça marche.
Mais là-bas, veille bien sur Jean. »
« Soyez sans crainte. Merci, chef. Allez-y.
»
À l’hôpital Sainte-Marie, un médecin m’accueillit : « Excusez-moi. Qui est Monsieur Duma ? Je suis un grand fan. »
« C’est moi.
»
« Vous êtes si jeune ? Bonjour, je suis le docteur Pascal. »
« Je suis Jean Duma. Je suis François Martin.
C’est moi que vous avez eu au téléphone. Allons d’abord voir la patiente. Ensuite, avec notre chef, on pourra discuter du plan de traitement. »
« Lui, c’est le médecin que j’ai fait venir pour vous, Jean Duma.
Docteur Pascal, c’est quoi, ça ? Je croyais que c’était un expert. Pourquoi est-ce un jeune homme ? »
« Malgré son jeune âge, il peut non seulement opérer le cœur, le cancer de l’estomac ou l’appendicite d’une femme enceinte.
Il sait tout faire. »
« Docteur Pascal, ma femme a une grossesse à risque et une crise d’appendicite. Ce n’est pas une plaisanterie. Chérie, j’ai mal au ventre.
Chérie, ça va ? »
« Bon, je suggère d’opérer immédiatement. Il serait très dangereux d’attendre. »
« Chef Thomas, trouvez vite une solution.
Hier, j’ai proposé l’anesthésie générale, mais vous avez refusé. »
« Non, ça ferait du mal à mon bébé. »
« Il aurait fallu opérer hier. Son cas s’est aggravé aujourd’hui.
On ne peut plus attendre. »
« J’ai perdu mon premier fils. J’ai eu tant de mal à retomber enceinte. Je ne veux pas que l’anesthésie le blesse.
Docteur, je vous en supplie. Mon petit-fils s’est sacrifié en héros. Cet enfant est sûrement sa réincarnation. Je vous en prie, protégez la santé de ce bébé.
Docteur, je vous en prie. Trouvez une solution. »
« Allez, levez-vous. Calmez-vous.
Écoutez. Faites confiance au docteur Duma. Aucune opération ne lui résiste. Voici Monsieur Duma.
Jean Duma. Si jeune. J’ai une solution. On peut éviter l’anesthésie générale et choisir l’anesthésie locale.
On peut très bien opérer l’appendicite sous anesthésie locale. »
« Chef, regardez, c’est Monsieur Jean Duma en pleine opération. Ne perdons plus de temps. Vite au bloc opératoire.
Si on attend encore, même si vous le voulez, l’opération sera impossible. L’anesthésie locale, c’est sans danger pour le bébé. Les risques sont minimes. C’est mieux qu’une générale.
Alors, opérez-la tout de suite. »
« Détendez-vous. Vous n’aurez plus mal avec l’anesthésie. Mon bébé, il n’est pas tout seul.
J’attends des jumeaux. Il faut absolument les sauver. Je donnerai ma vie pour eux. »
« Pas besoin de ça.
Du calme. Ça prendra environ 10 minutes. »
« Pardon ? 10 minutes ?
Jean, tu as encore trouvé l’appendice d’un coup ? Tu as un don spécial ou quoi ? »
« Jeune homme ? Tu as la main rapide et sûre.
Aidez-moi à soulever le cæcum et l’iléon. »
« Entendu. Voilà, c’est terminé. Ensuite, vous irez à la maternité pour quelques jours.
Faites des examens et prenez un traitement. 3 jours maximum. »
« C’est bon, c’est déjà fini. Ne vous inquiétez pas, le docteur Duma est génial.
Il réussit toujours ce genre d’intervention. »
« C’est vrai, les compétences du docteur Duma nous rassurent tous, nous comme les patients. »
« Merci à tous. Merci, docteur Duma.
»
« Infirmière, pourquoi si vite ? Elle sort déjà. C’est un échec. »
« Rassurez-vous, ce médecin est très doué.
C’est un succès total. Déjà une réussite. Oui, l’opération est terminée. Merci, infirmière.
»
« Docteur Duma, vous avez rendu un énorme service à notre famille. Si cela vous convient, pourrais-je avoir votre contact ? Une fois ma femme sortie, je viendrai vous remercier en personne. »
« Je n’ai fait que mon travail.
Ne vous embêtez pas avec ça. »
« Merci. Docteur Duma. Jean Duma, qu’est-ce qu’il fait là ?
Boss, on s’ajoute sur WeChat. »
« Bien sûr. »
« Génial. Enfin, le chat du boss.
Docteur Duma, jeune et talentueux, j’espère qu’on se reverra. Vous êtes trop gentil. Dans quelques temps, il y aura à Paris un séminaire sur la sclérose des artères coronaires. Mon chef m’y emmène avec lui.
»
« Quelle coïncidence ? C’est dans notre hôpital. Le mois dernier, on a eu l’annonce du séminaire de vendredi. C’est parfait.
À bientôt alors. »
« Entendu. On y va alors. »
« D’accord.
»
« Eh, j’ai entendu dire qu’en orthopédie, le chirurgien d’hier est un médecin super jeune, à peine la vingtaine. 20 ans ? Vraiment ? Impossible.
Pourquoi faire venir quelqu’un de l’extérieur ? Qui est aussi doué ? C’est vrai. Ouais, grave.
»
« De quoi parlez-vous, chef ? Bonjour, chef. Pour le colloque, dans 2 jours, tous les stagiaires et les résidents devront aller donner un coup de main. Ceux qui viendront seront tous du niveau de sous-chef ou plus, des grands pontes.
Vous, vous irez pour leur servir du thé et de l’eau. Mais n’oubliez pas d’être très accueillants. »
« Bien, chef, je vous laisse travailler. »
« D’accord.
Dis donc, toi, je t’avais dit d’être à l’entrée pour m’attendre. Pourquoi tu es déjà… Tu veux tuer ton propre père ? Oh là là, regarde-moi ce costume.
Trop la classe. Ça fait un an, tu es encore plus beau. Toi, physiquement, tu ne tiens pas de ton père. Allez.
»
« Oh, tiens, tiens. Ce ne serait pas notre beau gosse de la classe, Jean ? Il y a quelques temps, après ton acte héroïque, tes blessures sont guéries. Comment Jean a pu devenir encore plus beau ?
Attends, Jean, tu portes une Rolex ? Comment tu pourrais te payer une Rolex ? Jean, dis-moi pourquoi tu deviens de plus en plus vaniteux. Pour voir de vieux camarades, tu portes une contrefaçon.
Ne me dis pas que tu savais que tu allais croiser Claire. Alors, tu as acheté du faux pour frimer et sauver les apparences, hein ? »
« Tu ne craches que du venin, hein ? Si je cherche quelqu’un, il trouvera bien mieux.
Tu crois qu’il veut encore de Claire ? Toi, vous deux, vous allez vous fiancer. Félicitations. »
« C’est ça.
On t’invitera. Faut que tu viennes. »
« On verra bien si j’ai le temps. »
« Le temps ?
Je crois surtout que tu n’as pas les moyens pour le cadeau. »
« Laisse-les parler. Viens, on va chercher nos diplômes. Après toutes ces années d’études, on a enfin décroché ce diplôme.
C’était pas de la tarte ? Ne te relâche pas trop vite, il y a encore les concours pour le master et la fonction publique. »
« Tu veux tenter le master ? »
« Bien sûr, je n’ai pas le choix.
Avec la concurrence actuelle, c’est indispensable de le passer. »
« Trop fort ! Dis donc, mec, tu es déjà si doué et tu penses encore au concours ? Il y a une soirée de promo.
Viens avec moi. »
« Hors de question. À part écouter ces gars-là péter, il y a quoi ? Il y a quoi d’autre à faire ?
»
« Allez, fais-le pour ton pote. Aide-moi, s’il te plaît. Mon ex et moi, on a repris contact. Elle sera là ce soir.
Tu es mon pote. Viens avec moi. »
« D’accord. Toi alors, tu aimes le réchauffé.
Dis-moi juste si tu viens. »
« C’est bon, je viens. Ça te va ? »
« Ne vous gênez pas, c’est moi qui régale ce soir.
»
« Tu régales, hein ? Je ne vais pas me gêner. Je commande en premier. Homard braisé premium, 699 €.
Alors, mettez-en 48, deux pour chacun de nous. Les bonnes choses vont par deux. Euh, ça, lotte rôtie croustillante, 198 €. Mettez-en 10.
Canard rôti suprême à 588 €. J’en prends 10. Ce plat, la soupe impériale à 1 699 €, 5. Maillé de l’an 2000, et à 1 999 € ce vin rouge, j’en prends cinq aussi.
J’ai à peu près fini. Regardez, vous voulez autre chose ? »
« Ce mec, il commande quoi là ? Il prend que le plus cher.
Santé, chin chin. »
« Merci, Monsieur Girard. Moi, ce soir, je ne laisserai pas une goutte. »
« Monsieur Girard, tu es si généreux.
Ces homards ont dû te coûter cher. Claire, tu as trop de chance d’avoir trouvé un mec comme Antoine, à la fois riche, beau et généreux comme petit ami. »
« Allez, ne faites pas de manières. Faites-vous plaisir ce soir.
Mangez. Je veux goûter à ça. »
« Il est déjà 22h, je dois rentrer à l’hôtel. Je vais vous laisser.
»
« Jean, cette montre, c’est pas une Rolex ? Oh mon dieu, on dirait un modèle à plus de 100 000 €. Jean, ta famille n’est pas très riche, non ? Comment tu peux te la payer ?
Jean, on est entre camarades, c’est juste un dîner entre nous. Pourquoi tu portes du toc ? »
« Pas besoin de porter du toc, c’est une vraie. »
« Jean, maintenant que tu es riche, n’oublie pas les copains.
Hey, où tu as fait fortune pour être aussi riche ? »
« Bon, demain matin, j’ai un truc prévu. Prenez votre temps. Je vous laisse.
»
« Ne pars pas. Reste discuter. On va au karaoké après. Reste un peu.
»
« Chantez bien sans moi. J’ai un truc important demain. Je dois rentrer me reposer. »
« Qu’est-ce qui peut être plus important que notre soirée ?
»
« Demain, il y a bien ce séminaire sur la sclérose coronarienne. Je rentre à l’hôtel me reposer. »
« Le séminaire sur la sclérose coronarienne, c’est quand même pas celui de l’hôpital Sainte-Marie. C’est impossible.
C’est clair. Pour ce séminaire, il faut au moins être chef adjoint ou plus. J’en suis qu’un petit interne. Comment il pourrait aller à ce genre de conférence ?
»
« Jean ? Le séminaire où tu vas, c’est quand même pas celui de l’hôpital Sainte-Marie. »
« Si, c’est ça. C’est bien de celui-là que vous parlez.
Au fait, merci beaucoup pour ce repas, Antoine, jeune héritier. Je suis sûr que cette addition ne te posera aucun problème. »
« Ça va, c’est juste de l’argent de poche. »
« Très bien, je vais prendre un peu à emporter.
»
« D’accord. Il se passe quoi avec Jean ? Il peut carrément participer à un séminaire de ce niveau. Notre directeur adjoint, il va aussi.
Je voulais y aller aussi. Je regrette tellement. Si j’avais su à l’époque, j’aurais essayé de draguer Jean. »
« Jean a une copine en ce moment.
»
« Bonjour, votre total s’élève à 85 800 €. »
« Attendez, ce n’est pas possible. Nous avons commandé cinq bouteilles de ma taille. Pourquoi il y en a sept ?
»
« Monsieur, les deux autres bouteilles ont été emportées par le jeune homme qui vient de partir. Il a dit que Monsieur Girard, en salon privé, paierait l’addition. »
« Jean, tu es vraiment un… »
Au séminaire, le chef Lefort me dit : « Écoute bien, tout à l’heure, tous ceux qui viennent sont des experts renommés du pays.
»
« D’accord, chef Lefort. »
« Chef, pardon, que voulez-vous boire ? J’ai du thé vert, du thé long, de l’eau et du café. »
« Le jeune maître Antoine, tu es donc là aujourd’hui pour faire le larbin ?
Merci. Un Da Hong Pao pour moi. »
« S’il vous plaît, que désirez-vous ? »
« Un café avec des glaçons.
»
« Un instant. »
« Vous vous connaissez, camarade de fac ? Il est ici comme un terme. »
« Qu’est-ce qui ne va pas ?
C’est à cause de ce Jean Duma. Il a vraiment osé venir. Il s’est assis exprès dans la zone que je sers et je dois lui préparer son café. »
« Si tu veux, on peut échanger de zone.
»
« Pourquoi ? À mon avis, tu cherches juste un prétexte pour lui apporter son café. »
« Mais non, pas du tout. C’est juste que je t’ai vu contrarié.
Alors, je voulais t’aider. »
« Pas la peine. Je vais le faire moi-même. »
« Chef, votre Da Hong Pao et le café.
»
« Merci, Antoine. Docteur Duma. Vous connaissez un médecin de notre hôpital ? »
« Antoine, un camarade de fac, la même école, mais un sacré écart.
»
« Docteur Duma, voici le vice-président de l’association, notre orateur du jour, à l’hôpital Concorde, il est chef de chirurgie et directeur adjoint. »
« Chers amis, chers professeurs, bonjour à tous. Aujourd’hui, nous allons surtout discuter des tout derniers cas de sclérose coronarienne et de leur traitement. Si le professeur Moreau est là, c’est pour une autre raison.
Nous avons à l’hôpital un patient de 93 ans, athérosclérose coronarienne et anévrisme ventriculaire. Il lui faut un pontage. »
« Un pontage à 93 ans ? Les vaisseaux n’ont plus d’élasticité.
Ce monsieur est un ancien combattant. Il doit assister à un grand événement. La direction veut qu’on le soigne pour qu’il puisse y aller, mais nous ne pouvons pas l’opérer. C’est pour ça qu’on a appelé le directeur Moreau pour voir si l’opération est possible.
»
« Maladie coronarienne et anévrisme. Le plan d’intervention devra inclure un pontage à cœur ouvert et l’ablation de l’anévrisme. Mais vu l’âge avancé du patient, une telle opération présente des risques énormes. »
« En effet, chef Thomas.
Écoutez, tout à l’heure, on pourra aller voir ce monsieur. Docteur Duma, vous êtes jeune. Vous voulez sûrement observer une chirurgie cardiaque ? »
« Non.
»
« D’accord. Venez d’abord avec moi pour voir le patient. Son statut est très particulier. Il faut être très respectueux.
»
« Je comprends. »
« Je ne sais sûrement pas que j’en sais aussi faire, des chirurgies cardiaques. »
« Docteur, quelle est la situation ? Le professeur Moreau peut-il opérer mon père ?
»
« Rassurez-vous, il arrive d’une minute à l’autre. »
« Bonjour, docteur. Capitaine Pierre, bonjour. Chez ce monsieur, l’obstruction coronarienne est due à la fois au caillot et à l’épaississement des parois.
Les caillots ont été dissous, mais l’épaississement des parois n’est pas réglé, et il faut retirer l’anévrisme. »
« Docteur, camarade, quand pourrais-je être opéré ? Je suis en pleine forme. J’ai juste mal à la poitrine.
Mais ma belle-fille a insisté pour m’emmener à l’hôpital. »
« Monsieur Pierre, nous devons trouver une méthode infaillible avant de pouvoir vous opérer. »
« Oui, oui, je comprends. J’espère juste sortir plus tôt.
Je dois participer au grand événement. Je veux représenter toute ma compagnie lors de ce grand événement, voir à leur place la prospérité de notre patrie. »
« À 93 ans, l’opération est vraiment très risquée. »
« Docteur Duma, à quoi pensez-vous ?
»
« Au plan d’intervention. »
« Quoi ? Au plan d’intervention ? Docteur Duma, ne me dites pas que vous faites aussi de la chirurgie cardiaque.
C’est une plaisanterie. »
« J’ai ici un plan chirurgical sans ouverture du thorax, par voie mini-invasive, c’est-à-dire par cœlioscopie, pour faire le pontage. »
« Vous êtes fou. En chirurgie cardiaque, le mini-invasif, ça n’existe pas.
Et en plus, le pontage coronarien a toujours nécessité d’ouvrir le thorax. Sans ouvrir, comment allez-vous trouver le cœur ? »
« Trois incisions sur le thorax sous l’appendice xiphoïde. Une incision plus grande.
On l’écarte, on place un écarteur. 4e espace intercostal gauche, incision d’1 cm pour l’endoscope. 5e espace intercostal gauche, une incision transversale de 2 cm pour le bistouri électrique et le porte-aiguille. »
« Mais la difficulté de l’opération est beaucoup trop élevée.
C’est un défi. Mais comparé à une incision de 20 à 30 cm pour ouvrir le thorax, les risques sont moindres. »
« Chef Thomas, qu’en pensez-vous ? »
« Les risques de cette opération sont bien trop élevés.
»
« Pierre, tu as trouvé le temps de venir ? »
« Papa, j’ai pris des congés. Ces 10 prochains jours, Margot et moi, on restera à l’hôpital avec toi. »
« Allez travailler.
Ne vous en faites pas pour moi. Charlotte s’occupe déjà de moi. »
« Je suis ton fils. C’est notre devoir de veiller sur toi.
»
« Le plan chirurgical dont vous parliez, c’est vous qui l’opérez ou le chef de clinique de l’hôpital Sainte-Marie ? »
« Non. »
« Euh, vous acceptez ce plan ? »
« Le plan que j’ai proposé, c’est bien sûr moi qui l’opère.
Mais je crains que vous ne me fassiez pas confiance, car je suis encore trop jeune. »
« Pour moi, l’âge n’est pas un critère de jugement. Si vous êtes compétent, je suis prêt à vous faire confiance. Cependant, comment allez-vous prouver que vous réussirez cette opération ?
»
« Regardez un peu. Regardez, c’est moi qui ai opéré dans de la chirurgie cardiaque. Remplacement valvulaire. Vous pouvez vérifier.
4 minutes 32. Ce n’est pas le temps pour couper la valve et suturer le péricarde, quand même. »
« Chef Thomas, continuez à regarder. Je vous ai vu découper la valve.
Comment avez-vous fait pour que cette valve s’ajuste parfaitement au cœur de l’enfant ? »
« Oui, je me le demandais aussi. Sans ouvrir le thorax, comment évaluer la taille du cœur ? »
« Je l’ai mesuré à l’œil nu.
»
« Docteur Duma, vous êtes sérieux ? »
« Chef Thomas, que faites-vous ici ? L’identité de ce patient est un peu spéciale. Je suis venu exprès pour le voir.
»
« Professeur Moreau, voici le patient dont je vous ai parlé. Et voici un membre de sa famille, le commandant Pierre. »
« Bonjour, professeur Moreau. Il paraît que vous êtes le chef de la chirurgie cardiaque à Concorde.
Pour la maladie de mon père, merci de bien vouloir l’examiner sérieusement. »
« Je ferai mon possible pour exaucer son souhait. Le vieux Pierre a beaucoup de maladies sous-jacentes. Ajoutez à cela l’artériosclérose, l’épaississement de la paroi coronarienne et, une chose fatale, un anévrisme vasculaire.
Il faut faire une chirurgie à cœur ouvert. Je vais être franc avec vous. Même entre mes mains, à plus de 90 ans, très peu survivent à cette opération. Le taux de survie est inférieur à 40 %.
»
« Le vieux monsieur, il a 93 ans, c’est ça ? »
« Oui, il vient d’avoir 93 ans. À son âge, le taux de survie post-opératoire ne dépassera pas 20 %. Si vous êtes prêt à prendre ce risque, je peux réaliser cette opération.
J’espère que la famille y réfléchira sérieusement. »
« Dites-moi, professeur Moreau, ne pourrait-on pas envisager une chirurgie mini-invasive ? »
« Mini-invasive ? En chirurgie cardiaque, à part la thrombolyse interventionnelle, il faut ouvrir le thorax.
Ceux qui vendent du mini-invasif sont tous des escrocs. C’est impossible de faire un trou pour opérer le cœur. Si quelqu’un y arrive, je prends ma retraite directe. »
« Mais avec une chirurgie à cœur ouvert, les taux de réussite et de survie sont très faibles.
J’ai peur. Pourquoi c’est si compliqué ? »
« Je vais prendre la décision moi-même. Papa, pour être franc avec vous.
Mon seul souhait actuel, c’est d’assister à la grande cérémonie. Si je n’y vais pas, je ne pourrai pas reposer en paix. »
« Papa, ce n’est pas que je suis têtu, mais je ne représente pas que moi-même. Sur les 148 soldats de ma compagnie, je suis le seul survivant.
Et dire que c’est la première fois qu’on m’invite à cet événement, et il a fallu que je tombe malade. »
« Jeune homme, vous avez dit avec la méthode mini-invasive, quel est le taux de réussite ? Je veux me rétablir pour aller à la cérémonie. »
« C’est toi qui prétends opérer le cœur en mini-invasif ?
Arrête un peu de tromper le patient. Si tu réussis, je t’appelle grand-père. »
« Professeur Moreau, n’allez pas si loin. Pas besoin de l’appeler grand-père, monsieur Pierre.
Si je vous disais que je garantis 100 % de réussite, ce serait sans doute un peu trop prétentieux. Mais ce que je peux vous garantir, c’est un taux de réussite de 99 %. »
« Combien ? Tu parles d’une modestie.
Et après l’opération, si on évite toute infection, le taux de survie est supérieur à 90 %. »
« Un taux de survie si élevé. Monsieur Pierre, ne l’écoutez pas. »
« C’est bon.
Jeune homme, je crois en vos capacités. Jeune homme, je crois en vos compétences. Merci de votre confiance. Je vais transformer ces 99 en un vrai 100 %.
»
« Vous avez vraiment accepté ça ? Ce jeune homme n’a même pas 26 ans. Il peut réussir une telle chirurgie. Écoutez, il est bien trop jeune, vous devez y réfléchir.
»
« J’ai vu ses vidéos, il est très doué. Et puis le professeur Moreau dit que le taux de survie n’atteint pas 20 %, c’est beaucoup trop bas. Alors que ce jeune homme garantit 90 % de chance de survie. Qui d’autre le peut ?
J’accepte que vous l’opériez, mais je veux tout voir. »
« Bien sûr. Je vais passer un coup de fil. Allô, chef Chevalier, attendez un peu, je suis déjà en route.
Dans une demi-heure, je serai à l’hôpital. Ne laissez surtout pas mon frère signer ce consentement. »
« Et vous, quelle folie ! C’est de la pure folie.
»
« Chef Chevalier, merci de bien vouloir m’assister aujourd’hui. »
« Très bien. J’espère que vous savez ce que vous faites. »
« Rasage, anesthésie générale, désinfection.
Prêt pour l’opération ? Bistouri. Pas de circulation extracorporelle. Pendant l’opération, le cœur battra encore.
Comment on va faire ? »
« J’ai confiance au docteur Duma. On commence le clampage de l’anévrisme. Sans bloquer le flux sanguin, clamper directement l’anévrisme.
Ne vous inquiétez pas. Clampage réussi. »
« Ce pied… Si jamais il arrive quoi que ce soit à notre père aujourd’hui, je ne te le pardonnerai jamais.
»
« Mon dieu, si cette opération réussit, ce sera sûrement une première en République médicale. La première, opérer à cœur battant pour un pontage coronarien et sans ouvrir le thorax. Si ce jeune homme échoue dans son opération, je pourrais encore essayer de le sauver. Même si je suis en colère, le patient doit rester la priorité.
»
« Professeur Moreau, l’opération ne devrait pas déjà avoir commencé à cette heure. Que faites-vous ici ? Que se passe-t-il à l’intérieur ? »
« Hélas, la famille a signé une décharge pour qu’un jeûne s’en occupe.
»
« Quoi ? Sais réussi là-dedans. Que se passe-t-il ? Pourquoi ils applaudissent ?
Allons voir. »
« C’est réussi. Vraiment réussi. Vous avez vraiment fait à cœur battant ce pontage coronarien.
C’est juste incroyable. Une opération si dure, juste sous mes yeux, réussie. Quel génie ! Comment vous appelez-vous ?
Grand maître, qui êtes-vous au juste ? »
« Je m’appelle chef Chevalier. Qu’est-ce qui se passe ici ? On n’avait pas demandé au professeur Moreau d’opérer aujourd’hui.
Pourquoi le professeur Moreau est dehors et ce jeune homme est à l’intérieur ? »
« Directeur Picard, la famille du patient a signé le consentement. L’opération a réussi. C’est un grand succès.
Le premier pontage à cœur battant sans ouvrir la poitrine a été réalisé ici. »
« Impossible. Sans ouvrir la poitrine, c’est bien mini-invasif. Un pontage sans ouvrir la poitrine, il a vraiment réussi.
Qui peut faire une telle opération ? »
« Messieurs, puis-je d’abord terminer la dernière étape de l’opération ? L’opération devait prendre 1h10 au total, mais à cause de vous, on a perdu 15 bonnes minutes. »
« Ça fait à peine un peu plus d’une heure.
Docteur Duma, continuez, on ne vous dérange plus. »
« Monsieur le directeur, comment pouvez-vous laisser un jeune homme opérer mon père ? »
« Monsieur, rassurez-vous, cette opération, il est le seul à pouvoir la faire. Le sang circule dans le pontage.
On commence la suture. Opération réussie. Transférez le patient en salle stérile de soins intensifs. Observez-le bien pendant 2 jours.
Si dans 2 jours il n’y a pas d’infection, d’insuffisance cardiaque, ni d’autres complications, il ira en chambre normale. »
« Merci, docteur. »
« C’est moi qui vous remercie de votre confiance. Un grand merci pour aujourd’hui.
Sans vous, mon père aurait dû choisir entre ses 40 et 20 %. »
« Je n’ai fait que mon devoir, et puis j’espère sincèrement que le jour de l’événement, le vieux Pierre sera de la partie. »
« Grâce à vous, il y sera. Nous allons y aller.
»
« D’accord. »
« E, jeune homme, attendez un instant. Excusez-moi, j’aimerais vous demander quel est votre nom ? Dans quel hôpital travaillez-vous ?
»
« Je m’appelle Duma. Jean Duma. Je travaille dans la région des nuages. Je suis venu à Paris cette fois-ci car notre chef de service nous a emmenés à un séminaire.
»
« Un talent aussi exceptionnel que vous qui ne travaille même pas à Paris. C’est un peu difficile à croire. Docteur Duma, ça vous dirait de rejoindre l’hôpital Concorde ? »
« Oh la vache, il veut quand même pas m’inviter à l’hôpital Concorde.
Au fait, quel est votre niveau d’étude ? Vous êtes en master ou vous avez déjà un doctorat ? »
« J’ai une licence. »
« Une licence ?
Mais plus tard, j’aimerais faire un master. »
« Une licence ? Vous venez d’obtenir votre licence ? »
« Oui.
»
« Alors, vous n’avez même pas encore passé votre diplôme d’État ? Un médecin sans diplôme qui ose opérer sous thoracoscopie à cœur battant pour un pontage coronarien. Je suis vraiment désolé, mais à ce moment-là, l’état de Monsieur Pierre était critique, surtout quand le chef Moreau a dit que le taux de réussite de l’opération n’était que de 40 % et le taux de survie de 20 %. Je me suis dit que puisque j’étais sûr de pouvoir réussir l’opération, je devais me porter volontaire.
»
« Vous avez raison, un médecin doit toujours penser à son patient. Si c’était moi, je me serais aussi porté volontaire. Mais comme vous l’avez vu, l’opération a été un véritable succès. Docteur Jean Duma, qui est votre maître ?
C’est avec lui que vous avez tout appris ? »
« J’ai eu de nombreux professeurs, mais en fait, je me suis surtout entraîné seul, parce que j’aime beaucoup consulter les sites médicaux d’ici et d’ailleurs pour apprendre des expériences chirurgicales. Avec le temps, j’ai fini par maîtriser la technique. »
« Autodidacte ?
Autodidacte et vous avez atteint ce niveau. Docteur Jean Duma, je vous apprécie beaucoup. Ça vous dirait de venir à l’hôpital Concorde ? On vous offre 100 000 € par an.
Qu’en dites-vous ? »
« Seulement 100 000 € ? C’est un peu délicat. Chef Moreau, en fait, mon hôpital actuel me plaît bien.
Je ne compte pas en changer pour le moment. Je veux juste me concentrer sur mon diplôme d’État d’abord. »
« 150 000 €. 150 000 €, qu’en dites-vous ?
Notre hôpital propose des appartements gratuits et les frais de transport sont remboursés. »
« D’accord. Ajoutons-nous d’abord sur WeChat, on pourra se contacter plus tard. »
« Très bien.
Très bien. Je scanne votre code. »
« Chef, quand est-ce qu’on rentre ? »
« On va direct à l’aéroport après la réunion.
Pourquoi ? L’opération de ce vétéran, comment ça s’est passé ? »
« C’est fait. J’ai fait un pontage mini-invasif.
»
« Oh, tu dis quoi ? Un pontage coronarien mini-invasif ? C’est toi qui l’as fait ? Tu l’as fait ?
»
« Ouais, c’est bien moi. Thoracoscopie. »
« Opération du cœur, c’est un truc de dingue. J’aurais dû venir avec toi.
»
« On aura d’autres occasions. »
« C’est pas fou. Te voilà de retour. C’est notre devoir en tant que médecin.
»
Le système me récompensa : « Félicitations, utilisateur du système, vous avez accompli une opération très risquée. Récompense spéciale : 1 million d’euros. »
« Récompense spéciale. »
Aux urgences, une patiente arriva : « Bonjour, ce sont vos résultats, n’est-ce pas ?
Faites voir. Madame, avez-vous récemment mangé épicé ou bien avez-vous une maladie chronique ? Et puis, avez-vous passé récemment une fibroscopie ? »
« Non, jamais.
J’ai toujours mal à l’estomac. Je ne mange jamais épicé. »
« Madame, vous auriez dû venir plus tôt dans notre hôpital pour faire une fibroscopie. »
« Je ne voulais pas laisser traîner, mais je suis toute seule pour payer l’école de mon enfant.
J’économise comme je peux. Je n’ai pas d’argent en trop. »
« Écoutez, cette fois, on va vous faire un bilan complet pour voir si c’est un problème intestinal ou de l’estomac. Nous soupçonnons un cancer de l’estomac.
»
« Docteur, levez-vous. Prenez votre temps. Prenez votre temps. Je vous en supplie, sauvez-moi.
J’ai encore un enfant à la maison. Il est encore à l’école. Il a perdu son père quand il était petit. Il n’a que moi.
Je vous en supplie, sauvez-moi. »
« Madame, écoutez, faisons d’abord des examens, on verra les résultats après, d’accord ? Et puis notre hôpital a de très bonnes techniques. Si on peut enlever la lésion, les chances de survie sont grandes.
»
« Mais combien coûterait l’opération ? Je n’ai pas d’argent. »
« Ça dépend du type d’intervention, entre 50 000 et 100 000 €. Écoutez, madame, appelez d’abord votre famille et vos amis.
Voyez s’ils peuvent vous prêter de l’argent. Au moins, il faut faire cet examen. »
« Non, on est pauvres. Mes proches ont coupé les ponts.
J’ai 500 € sur moi. Je peux faire l’examen ? »
« Oui, venez demain matin faire une gastroscopie. N’oubliez pas de prévenir un proche.
Avec l’anesthésie, vous aurez besoin d’aide. »
« Je dois faire venir ma fille. »
« Oui, c’est obligatoire. Je sais, c’est dur pour toi aussi, mais bon, chacun a un destin différent.
On peut aider une personne mais pas tout le monde. On peut aider un temps mais pas toute une vie. »
« Compris. »
Le lendemain, la fille de la patiente vint : « Bonjour, madame, il va falloir vous y préparer psychologiquement.
La lésion de l’estomac pourrait indiquer un cancer. »
« Alors, ma mère peut-être sauvée ? »
« C’est difficile à dire. Il nous faut faire plus d’examens.
On doit connaître le stade exact pour être fixé. C’est soignable, il faut l’opérer de suite. Des tissus gastriques cancéreux, on en retire une partie. Puis avec des séances de chimio et radiothérapie, il y a de l’espoir.
»
« Je vous en prie, sauvez ma mère. Mon père était policier. Il est mort pour arrêter des criminels. Ma mère a dû m’élever avec ma sœur toute seule.
Mais on n’a pas d’argent. Je vous en supplie à genoux. »
« Lève-toi vite, je vais vous aider. Mais lève-toi d’abord.
»
« Comment tu comptes les sauver ? C’est des dizaines de milliers d’euros. Tu gagnes combien par mois ? »
« Merci, docteur Duma.
Merci. »
« L’aide dont j’ai parlé, c’est que j’ai déjà lancé pour vous une cagnotte sur collecte solidaire. Dès qu’on aura 50 000 €, ta mère pourra être opérée tout de suite. Au fait, tu as dit que ton père était policier ?
»
« Oui. Ma mère dit que c’était un grand héros, mais il est mort pour arrêter des criminels. »
« Moi, j’ai 2 000 €. Je peux vous les avancer pour l’hospitalisation.
Dès qu’on aura les 50 000 €, on l’opérera. Cette opération, je m’en chargerai moi-même. À part les frais matériels de base, je ne prendrai pas d’honoraires. »
« Merci, docteur Duma.
Votre gentillesse et ces 2 000 €, je m’en souviendrai toute ma vie. Quand je gagnerai ma vie, je vous rembourserai sans faute. »
« D’accord. Alors, j’attendrai ton remboursement.
Allez, d’abord régler la mission. »
« Chef Lefort, comment on donne sur collecte solidaire ? Je vais aussi faire un petit don. »
« Merci, chef Lefort.
Merci à tous. Au nom de la famille de la patiente, je vous remercie infiniment. »
Des policiers arrivèrent : « Bonjour, nous sommes du commissariat. On a vu sur collecte solidaire la page de Marie Robert.
Son mari était un de nos collègues. On a voulu venir prendre de ses nouvelles. »
« Ne t’inquiète pas. Par ici, madame Robert.
»
« Cécile, avant votre mari Jacques et nous étions amis. Maintenant que vous avez un problème, les collègues du commissariat ont réuni un peu d’argent en espérant que ça vous aidera. Nous avons aussi demandé des fonds spéciaux à la direction. Ça devrait arriver dans 2 jours.
»
« Merci. Merci beaucoup, messieurs. »
« Comme la patiente est en préparation pour l’opération, elle doit éviter toute émotion forte. Après cette visite, il vaut mieux y aller.
Une fois madame Robert opérée et rétablie, vous pourrez revenir la voir. »
« D’accord. Docteur, nous vous confions madame Robert. »
« C’est mon devoir.
Madame Robert, préparez-vous bien. Demain matin à 9h, vous entrerez au bloc. »
« C’est vrai ? Elle sera opérée dès demain.
»
« Je vous confie un secret de tout cet hôpital : pour le cancer de l’estomac, je suis le meilleur médecin. »
« Je vous fais confiance, docteur Duma. »
Au bloc, un assistant me demanda : « Professeur Duma, puis-je vous poser une question ? Pour la dissection, la première étape, quelle zone doit-on disséquer ?
Vos mouvements étaient un peu rapides, je n’ai pas bien vu. »
« La dissection dans une gastrectomie radicale est un peu délicate. Retenez cet ordre : de gauche à droite, de bas en haut, d’avant en arrière. Et la résection de la bourse mentale.
La résection de la bourse mentale est la plus délicate. Mais si elle est faite de manière complète, c’est un véritable art. »
« Quand vous dites ça, je ne saurai même pas le faire. Vous êtes trop fort.
»
Après l’opération, la fille demanda : « Docteur Duma, comment s’est passée l’opération ? »
« Rassurez-vous, l’opération de votre mère a réussi. Tout à l’heure, elle ira en chambre de soins intensifs pour observation. Si tout va bien, elle pourra aller dans une chambre normale demain.
»
« Merci infiniment, docteur Duma, pour votre bienveillance. Je ne sais pas comment vous remercier. »
« Non, non, non. Vous n’avez rien à faire.
Prenez juste bien soin de votre mère. »
Le système me récompensa : « Félicitations, utilisateur du système, vous avez sauvé un patient atteint d’un cancer de l’estomac. Suite à votre don de 2 000 € pour ses frais d’hospitalisation, vous recevez une récompense de 1 million d’euros. Médecin est une profession sacrée et bienveillante.
Nous espérons que vous garderez toujours cette passion et cette vocation. »
« J’avancerai pas à pas pour réaliser mon rêve. Devenir un grand médecin national.
»


